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Le synode se déroulait
à Sochaux, dans les locaux de l'entreprise Peugeot.

Reconnaissance du Conseil
National

Présentation des nouveaux
pasteurs

Les présidents ERF et
EELP

Un culte riche en émotions
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Lors du we de l’ascension, du 17 au 20 mai 2007,
l’Eglise réformée de France et l’Eglise évangélique
luthérienne de France ont tenu, leur synode national
et synode général.
Dans notre Eglise, il n’y a ni
hiérarchie ni fonctions sacrées. Le Christ est seul chef de l’Eglise. Des
responsabilités temporaires sont conférées à certains par voie d’élection.
Les membres inscrits
des Eglises locales constituées en Associations élisent leur conseil
presbytéral qui a pour fonctions de partager avec le pasteur le
ministère pastoral auprès des fidèles et d’administrer les biens et les
finances de l’Eglise. Le conseil presbytéral désigne un ou plusieurs
représentants de leur Eglise locale au synode régional annuel (autant
que de pasteurs qui sont eux-mêmes tous appelés à participer au synode). Les huit
synodes régionaux élisent eux-mêmes leurs représentants au synode
national, les délégués laïcs étant en nombre au moins égal à celui des
ministres. Chaque synode, régional et national, élit un Conseil, régional
ou national, qui est chargé, chacun dans son domaine, de mettre en
œuvre les décisions du synode et d’administrer la vie de l’Eglise.
Ainsi, le conseil presbytéral,
d’une part, et le synode national, d’autre part, sont les deux piliers du
régime presbytérien synodal qui reconnaît l’autonomie des Eglises
locales et organise leur solidarité.
Rappeler cela n’aurait ni intérêt
ni importance si je n’avais eu l’immense privilège de ressentir cette « chaîne »
au plus profond de moi-même, ce week-end de l’ascension.
En effet, élu conseiller presbytéral
de l’Eglise réformée de Pentemont-Luxembourg en avril 2006, nommé (avec
Marie-Pierre Cournot) comme représentant laïc au conseil régional pour
accompagner nos pasteurs (Jean Besset et Serge Oberkampf), élu lors du synode
régional de novembre 2006 représentant de la Région parisienne au synode national en même
temps que 7 autres laïcs et 8 pasteurs (dont Jean-Paul Morley) j’ai participé
au synode national de mai 2007, à Sochaux-Montbéliard, avec quelques 85 délégués
à voix délibératives et autant de représentants (Œuvres et mouvements, IPT,
DEFAP, Conseil national, présidents et trésoriers régionaux, délégation ERF et
FPF,…) à voix consultatives et une cinquantaine d’invités.
Comme à tous les synodes, il y a
eu un ordre du jour diversifié et abondant :
- un discours introductif du président du Conseil
régional, Marcel Manoël,
- les salutations des représentants de, je crois, huit Eglises sœurs à travers le monde,
- 5 temps d’aumônerie (remarquablement animés par Valérie
Mitrani),
- l’examen de
nombreux rapports (de gestion du Conseil national, de la commission des
ministères, des Coordinations, du Trésorier général et j’en oublie
certainement)
- le travail en séance plénière et en groupe sur le thème
synodal : « Parole, parentalité, espérance : quels repères
pour les familles » (voir ici),
- une révision de la Discipline de l’Eglise concernant les relations entre le Conseil
national et les Coordinations (visiblement très compliquées, même pour les
initiés !),
- les « vœux » (5 membres du synode peuvent
proposer un texte au vote des synodaux),
- une révision des liturgies « Baptême
d’adulte » et « accueil d’un nouveau membre »,
- des déjeuners et dîners (dont un, très festif) moments propices aux rencontres,
- un culte de clôture, avec reconnaissance des nouveaux
pasteurs EELF et ERF et du Conseil national (présidé pour la troisième - et dernière
fois - par Marcel Manoël)
- et, parmi toutes les décisions, le changement
d’appellation du poste Paris-Pentemont en Paris-Pentemont-Luxembourg II (j’ai
voté pour !)
des discutions très animées. Vous
ne pouvez pas savoir combien, très chrétiennement et souvent avec beaucoup
d’humour, vos représentants au premier rang desquels les pasteurs s’envoient
des piques et parfois même des « vacheries » … avant de se
réconcilier dans des votes frôlant souvent l’unanimité. Leur capacité à faire,
de cette façon, avancer les débats me surprend à chaque synode, régional ou
national !
Et, comme tous les trois ans, de
nombreuses élections (Conseil national, Commission des affaires générales, des
ministères, de discipline, de la Coordination pour
l’Evangélisation).
Le tout sur base d’une importante
et dense documentation reçue préalablement (4 cm d’épaisseur, j’ai mesuré
… et lu) et sanctionné par des votes innombrables (32 formels finaux – non
compris les dizaines de votes « intermédiaires » pour accepter ou
refuser tel ou tel ajustement parfois d’un mot voire d’une virgule sur les textes
soumis) à « carton de vote » levé, par acclamation, à bulletin secret,
à la majorité simple ou qualifiée …
Mais surtout il y avait que ce
synode était le premier (partiellement) commun à notre Eglise réformée de
France et à l’Eglise –très sœur– évangélique luthérienne de France avec environ la moitié des séances
communes pour traiter du thème « Parole, parentalité,
espérance : quels repères pour les familles » et examiner le rapport
du groupe de travail mixte EELF et ERF « Ensemble pour mieux témoigner de
l’Evangile » (voir ici) émanation du CPLR (Conseil
permanent luthéro-réformé qui est devenuCommission permanente
luthéro-réformée, ce qui est le signe d’une avancée marquée !!). Longs et
nombreux échanges, quelques résistances ou interrogations, plus sur la méthode
que sur le fond probablement (faut-il « une Eglise unie ou une union
d’Eglise »), ajustement du texte proposé EELF- ERF unies (voir
ici) et puis, enfin, vote du texte final à bulletin secret et à la
majorité qualifiée, suspense pendant le dépouillement, annonce des
résultats dans un silence absolu: pour le synode EELF : 32 oui, 1
non, 1 blanc et pour le synode ERF : 87 oui, 1 non, 1 blanc.
Emotion intense, toute
l’assistance se lève, applaudit longuement à tout rompre et puis on se prend la
main les uns les autres, le pasteur (et président de EELF) Joël Dautheville
entonne un « A toi la gloire » dont les murs du musée Peugeot dans
lequel nous nous trouvions se souviendront longtemps et qui me fait encore
frémir quand j’y repense. Larmes aussi que chacun veut discrètes mais je vous
assure, celle de Marcel Manoël à la tribune en ont remué plus d’un (dont votre
serviteur bien sûr). Dans le même genre d’ailleurs, lors du culte de clôture
dans le temple de Montbéliard ou nous étions plus de 500 le dimanche matin, mon
voisin du troisième banc, Jean-Paul Morley, a brièvement courbé les épaules,
comme s'il avait reçu un coup, lorsque le premier cantique a été entonné,
tellement la puissance du chœur et de l’assistance était forte.
Mais maintenant, il va falloir prendre
des initiatives, se rencontrer localement, travailler pour proposer. L’année
2013 semble lointaine pour notre union mais le chemin est long, surtout du fait
de nos modes de décisions très démocratiques (cf le process presbytérien
synodal) mais inévitablement lourds. Et nous, réformés parisiens, devrons être
particulièrement attentifs à nos frères et sœurs luthériens parisiens (ce ne
sont plus nos frères et sœurs d’ailleurs nous sommes-nous dit à déjeuner avec
les pasteurs luthériens Bouyssou de Paris, Kaltenmark de Saint Etienne et
Patrzynski de Lyon, ce sont des « nous-mêmes » !). Minoritaires
en région parisienne la « question de l’identité luthérienne se pose
essentiellement pour cette inspection ecclésiastique » a indiqué le
pasteur Dautheville à Réforme, illustrant
les propos synodaux des pasteurs parisiens Caroline Bauberot et Frédéric Chavel.
C’était un moment historique et
j’y étais … grâce à vous et donc en votre nom.
François
Schlumberger, reconnaissant
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Parole, parentalité,
espérance :
quels repères pour les familles
Tel que tu es, tu es aimé de Dieu.
Le regard
bienveillant de Dieu est sur toi, tes parents, tes enfants,
tes proches.
1 - Au commencement est la parole
La parole est plus que des mots... elle parle. Elle
structure l’être humain et ses relations à Dieu et aux
autres. Elle distingue, différencie, sépare, nomme et
relie.
Les modèles familiaux et l’exercice de la parentalité
diffèrent selon les temps et les cultures. La Bible
elle-même est le témoin de cette diversité. Au-delà
de leurs différences, toutes les familles sont appelées
à la parole. Elle est au fondement des relations entre
les hommes et les femmes, les parents et les enfants.
Tout en restant le théâtre de l’intime où se jouent
les tragédies et les bonheurs de l’humanité, la famille
sous ses diverses formes, demeure pour chacun une référence.
Grâce à la parole libérée et démultipliée, elle peut
constituer un point d’appui à partir duquel la vie prend
sens et vitalité.
2 - La famille évolue
La famille dans sa structure et son mode de fonctionnement
change à l’image des mutations et des crises que connaissent
les sociétés dans lesquelles nous vivons. Les familles
se transforment et se diversifient révélant les capacités
d’adaptation de leurs membres.
Au nom de l’évangile de Jésus-Christ, nous voulons
porter un regard favorable sur les personnes qui vivent
ces transformations. Même si nous regrettons la fragilisation
des liens qui accompagne ces changements et les souffrances
qui peuvent en découler, nous nous réjouissons de la
place accordée à la personne, de l’égalité entre les
hommes et les femmes, de l’attention portée à l’enfance
et à l’enfant.
3 - Vivre la famille, comme une grâce de Dieu
Plutôt que de regretter un âge d’or mythique de la
famille et de nous plaindre de diverses dérives, nous
voulons prononcer une parole de bénédiction sur les
hommes, les femmes et les enfants qui vivent ensemble.
Nous croyons que Dieu aime et respecte chacun de façon
inconditionnelle et gratuite et qu’il nous appelle à
la liberté. C’est pourquoi :
- Nous refusons de juger ou de culpabiliser
ceux qui ne trouvent pas d’autre solution que de défaire
une famille quand la circulation de la parole
et de la vie ne semble plus possible. Nous croyons aussi
que l’avenir reste toujours ouvert.
- Nous pouvons nous réjouir chaque fois que
nous voyons des hommes, des femmes et des enfants vivre
dans l’amour, la solidarité, le partage et l’engagement
les uns à l’égard des autres.
Dieu nous invite à l’espérance. Au nom de cette espérance,
il appelle les hommes et les femmes à l’amour et à la
fidélité, les parents à transmettre aux enfants, les
enfants à honorer leurs parents, les familles à constituer
des réseaux de partage et de solidarité et à travailler
la qualité de leurs relations.
4 - Les familles et les valeurs fondamentales
Si la Bible ne propose pas de modèle unique, elle
appelle les familles à être attentives à un certain
nombre de valeurs.
Le respect inconditionnel de chacun. La famille
est un des lieux privilégiés où chacun est considéré
non en fonction de son utilité ou de ses performances
mais de sa simple existence.
L’attention au petit. Le petit, c’est l’enfant
mais ce peut être le vieillard ou celui qui est momentanément
fragilisé. Puisqu’un des rôles de la loi est de protéger
le petit, nous appelons les hommes et les femmes à mettre
de la loi dans leurs relations.
La responsabilité parentale. Nous appelons
les pères et les mères à assumer leur responsabilité
parentale en veillant à la cohérence entre leurs paroles
et leurs actes.
La compréhension des différences. Quelles que
soient les formes de vie familiale, certains éléments
symboliques sont fondateurs : la différence des générations
et la différence des sexes.
Le respect des interdits, tels que l’inceste,
la violence, la soumission d’un sexe à l’autre...
La nomination des rôles. Il est important pour
les enfants de trouver leur place dans leur double lignée
parentale, dans la chaîne des générations, d’identifier
leurs parents et leurs grands-parents et de distinguer
les liens de parenté (biologiques ou adoptifs) des liens
para parentaux (relations entre l’enfant et le compagnon
/ conjoint de son parent).
5 - L’Église est attentive aux familles
L’Eglise témoigne d’une Bonne nouvelle !
Face à la diversité des fonctionnements familiaux,
elle est amenée à développer et à inventer des nouveaux
modes d’accompagnement et de soutien des familles.
Aussi le synode engage les Églises à :
Soutenir les fidèles dans les engagements pris
lors des célébrations liées à la vie des familles.
Rappeler qu’au delà de la famille biologique,
chacun par l’Évangile est invité à découvrir en Jésus-Christ
une autre famille de frères et de sœurs.
Créer et développer, en leur sein, des lieux
d’écoute et de parole pour aider les familles à entretenir
des relations de qualité.
Faire preuve de créativité afin d’imaginer
des gestes, des paroles, des signes liturgiques pour
accompagner les petits et les grands événements de la
vie familiale.
Proposer des aides concrètes sous forme de
témoignages, éléments de piété familiale, outils
de découverte de la Bible..., pour soutenir les familles
dans leur devoir de transmission de la Parole.
Eglise réformée de France
Eglise évangélique luthérienne
de France
Synode National 2007
Sochaux-Montbéliard
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EELF - ERF unies : décision
Le Synode national de l’Eglise réformée de France
et le Synode général de l’Eglise évangélique luthérienne
de France réunis à Sochaux du 17 au 20 mai 2007,
se réjouissent des perspectives de création d’une
Eglise protestante unie en vue d’un meilleur témoignage
de l’Evangile.
Conformément aux souhaits de précédents Synodes,
notamment le Synode national de Soissons 2001 (Décision
34) et le Synode général de Bourg-la-Reine 2003 (Vœu
n°2), ils donnent leur accord au processus engagé par
les comités directeurs, visant à l’unité institutionnelle
de l’Eglise évangélique luthérienne de France et de
l’Eglise réformée de France.
Ils reçoivent favorablement les propositions du groupe
de travail transmises dans son rapport aux deux Synodes
réunis conjointement à Sochaux.
Ils décident de mettre à l’étude dans les Eglises
locales, les paroisses, les consistoires et les Synodes
régionaux le projet de nouvelle Union nationale organisée
en régions confessionnelles, les unes luthériennes,
les autres réformées, et disposant d’instances nationales
uniques (Synode « national/général », Comité directeur,
Commission des Ministères, Commissions synodales...)
où l’on veillera à respecter les sensibilités de chacun
des partenaires.
Ils encouragent toutes les initiatives et en particulier
toutes rencontres, qui, pendant ce temps d’étude et
de débats, permettront une meilleure connaissance réciproque
des deux Eglises aux niveaux local, régional et national.
Les Synodes demandent au Conseil exécutif de l’EELF
et au Conseil national de l’ERF de réunir des équipes
chargées de mener à bien les divers chantiers proposés
par le groupe de travail dans son rapport et d’étudier
toute autre question qui viendrait à se poser au cours
des débats. Les comités directeurs consulteront les
Synodes régionaux et les Synodes généraux et nationaux
sur l’évolution du projet au fur et à mesure de son
élaboration.
Les Synodes chargent le Conseil national et le Conseil
exécutif de leur soumettre les décisions statutaires
et disciplinaires à prendre.
Ils souhaitent que le projet d’une Eglise protestante
unie puisse aboutir le plus rapidement et au plus tard
en 2013.

Modérateurs et raporteurs.
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