Fréquence Protestante 2006

Pasteur Serge Oberkampf de Dabrun

Toutes les prédications 2006

Toutes les prédications 2005

Textes des interventions radiophoniques de Serge Oberkampf du 9 octobre au 13 octobre 2006 sur Fréquence Protestante :
- Le modèle RFA (Ruquier-Fogiel -Ardisson)
- La question de la rupture
- Le génocide arménien
- Hiver en Corée du Nord
- Mission du Père Ponchaud au Cambodge

Textes des interventions radiophoniques de Serge Oberkampf du 27 février au 3 mars 2006 sur Fréquence Protestante :
- Une société faible
- Vive la liberté
- Le CPE
- Da VINCI CODE
- L'enfer de l'Irak

Edition :

 

Serge Oberkampf de Dabrun vient de signer un ouvrage, "L'Evangile au risque de la parole", collectant 14 de ses prédications, avec cerise sur le gateau, 4 prédications supplémentaires sur un CD audio. Les pédicateurs laïcs se réjouiront de ces propositions qui permettent de revisiter quelques grandes figures bibliques (le jeune homme riche, Zachée, le bon samaritain) sans oublier les temps forts de la vie en Eglise (Baptêmes...) et les grandes fêtes carillonnées. Préfacé par le pasteur Marcel Manoël, cet ouvrage à la mise en page agréable, sera suivi par d'autres à plusieurs voix cette fois-ci, selon Serge Sarkissian, qui dirige les éditions Onésime 2000. Disponible

au stand de librairie, à la sortie du culte, 58 rue Madame- Paris 6e

Librairie 7ici, 48 rue de Lille, Paris 7e
Librairie La Procure, 3 rue Mézières, Paris 6e.
Llibrairie Un temps pour tout, 47 rue de Clichy 75009 Paris
Editions Onésimes 2000
1 rue Mireille
13190 ALLAUCH- 142p. - 17 euros

 

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Le Père Ponchaud au Cambodge

 

 

 

 

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Chronique du 9 octobre 2006 – Fréquence Protestante Pasteur Serge Oberkampf.

Je reviens du colloque des Associations Familiales Protestantes, qui se tient tous les deux ans en l'Abbaye Royale de Fontevraud.

Ce colloque est l'occasion d'entendre des esprits brillants et divers donner leur commentaire sur différents aspects de notre vie sociale.

L'une des interventions dénonçait avec beaucoup d'humour la captation de notre pays par le modèle RFA, qui ne signifie pas République Fédérale d'Allemagne mais Ruquier, Fogiel, Ardisson, ou encore Relativisme, Fantasmagorie, Approximation.

Relativisme parce que il nous est proposé un modèle sans morale, où tout se vaut, une sorte de morale de la statistique, où l'on observe ce qui se pratique et qui se borne à constater ce qui se fait, sans se poser la question des effets à court et à long terme, sans qu'aucun jugement de valeur ne soit émis.

L'intervenant fait remonter l'origine de cette caractéristique du modèle RFA dans le fameux rapport du Docteur Kinsey sur la vie sexuelle des américains. Il faisait observer que le Docteur Kinsey n'était pas docteur en médecine, mais entomologiste et qu'il observait les humains comme s'ils étaient des fourmis. Les émissions médiatiques permettent de s'esclaffer devant toutes les inventions nouvelles et à fustiger tous ceux qui voudraient les réguler par quelque norme que ce soit.

Fantasmagories. Cette attitude consiste à poser des principes immédiatement généreux sans examiner ce qu'ils impliquent, surtout si les conséquences de l'application des dits principes ne risquent pas d'entraver le bien-être de ceux qui les posent. Il est facile d'aller se montrer la main sur le cœur dans le gymnase de Cachan si l'on sait qu'on ira ensuite tranquillement dîner sur les Champs-Elysées. Une compassion à peu de frais, une générosité spontanée permettent d'exciter les bonnes consciences, étant entendu que ceux qui en subiront les conséquences ne passeront pas à la télé pour raconter les dégâts.

Approximation enfin, qui conduit tous les débats à reposer sur des données souvent fantaisistes, qu'il s'agisse du nombre de musulmans pratiquants en France, la situation de l'Éducation nationale, ou l'état de nos banlieues. Ceci permet à chacun de tenir les raisonnements d'autant plus péremptoires qu'ils sont infalsifiables.

A confondre politique et compassion, on fuit ainsi la dure réalité ou hélas tout n'est pas rose et les élans du cœur surfent sur un fond d'immobilisme, on s'étonne de constater qu'en un quart de siècle notre pays est tombé du 4e au 17e rang mondial.

Chronique du 10 octobre 2006 – Fréquence Protestante Pasteur Serge Oberkampf.

Il semblerait assez que tant à gauche qu'à droite la campagne présidentielle s'oriente sur la question de la rupture. On sait que ce terme revient fréquemment à la bouche de Monsieur Sarkozy, qu'en revanche la notion a toujours déplu au Président Chirac ainsi qu'à Monsieur de Villepin.

Il semble se dessiner parmi les candidats socialistes différents positionnements sur le même sujet. L'attitude de Monsieur Fabius, malgré son souhait d'incarner la seule alternative qui serait vraiment de gauche, apparaît la plus conservatrice : recréer comme sous l'ère Jospin "la gauche plurielle", avec la ribambelle de discussions byzantines inter partisanes que cela implique.

Madame Royal doit beaucoup de son succès à la liberté qu'elle prend avec les vieux poncifs, n'hésitant pas à émailler son discours d'hérésies manifestes à l'encontre des dogmes traditionnels de son camp. Monsieur Strauss-Kahn, avec le soutien affiché de Michel Rocard, développe comme première idée –force un credo social démocrate, la reconnaissance de l'économie de marché, non plus comme un mal endémique dont il faudrait s'accommoder, mais comme le seul moteur de progrès économique et social, ce faisant, il rompt avec tout un pan du Parti socialiste.

La rupture a donc pour le moment partout plutôt le vent en poupe, en tous cas dans les sondages. Prenons garde cependant : quand on est encore à bonne distance de l'obstacle, celui-ci parait facile à franchir. A mesure que l'on s'en rapproche, il risque de devenir aux yeux de beaucoup monstrueusement insurmontable, et le renversement de tendance n'est pas impossible. Les partisans de la continuité, des réformes homéopathiques, attendent leur heure qui arrivera quand l'échéance sera plus proche.

On verra sortir alors du bois les rassembleurs raisonnables et souriants qui promettront de faire don de leur personne à la France pour éviter le chaos où immanquablement la victoire des trublions agités plongera le pays.

Voilà plus d'un quart de siècle que nous sommes gouvernés par les "rassureurs" même si les "audacieux" pouvaient être pronostiqués victorieux 9 mois avant la date des élections.

La question est de savoir si les retards accumulés dans beaucoup de domaines en notre pays sont assez criants pour qu'il apparaisse que l'audace est moins risquée  que le statut quo. Pour qu'une telle prise de conscience intervienne, il faut en France de vraies crises et on ne peut douter que le lent déclin qui est le nôtre puisse être compté comme tel, malgré la crise des banlieues de l'hiver dernier. Et puis n'est pas qui veut Clémenceau, Mendès-France ou De Gaulle.

Le risque demeure grand que cette fois-ci encore se vérifie la célèbre phrase de Monsieur Queuille, Président du conseil demeuré le plus longtemps en fonction sous la IVe  République,

"L'immobilisme est en marche et rien ne saurait l'arrêter"

Chronique du 11 octobre 2006 – Fréquence Protestante Pasteur Serge Oberkampf.

Faut-il après avoir reconnu le génocide arménien, que la représentation nationale vote une loi réprimant ceux qui voudraient le contester ?

Tel est le débat d'aujourd'hui à la Chambre des Députés.

Ce qui est intéressant, c'est que l'on trouve des avis divergents sur tous les bancs de l'Assemblée. Bien sûr, la proposition de loi émanant de députés socialistes, certains ont affirmé que malgré leur hésitation, ils le soutiendraient, discipline du parti oblige.

Le raisonnement de ceux qui, dans la ligne de la loi Gayssot, veulent sanctionner les déclarations négationnistes tiennent le raisonnement suivant  : le pacte républicain consiste à ce que les citoyens professent ensemble un corps de vérité, ou à tout le moins que soient condamnés ceux qui entreraient ouvertement en opposition à ce corps de vérité. Un pluralisme sans limite équivaudrait à la dissolution du corps national.

Cette façon de voir repose sur une conception scientifique de l'histoire et sur le caractère objectif des qualificatifs employés pour le décrire. Elle repose encore sur la compétence reconnue à la représentation nationale pour en juger. Ainsi la proposition " il y a eu un  massacre d'arméniens en Turquie en 1915 " n'équivaut pas à la proposition "il y a eu un génocide des arméniens en 1915. Elle repose enfin  sur l'idée qu'une loi ne sert à rien si ceux qui y contreviennent ne sont pas punis.

Pour les autres, qui se contentent de fait que la France ait officiellement reconnu le génocide arménien, il est dangereux pour le Parlement de s'aventurer en ces matières au-delà du symbole, dont on sait qu'il ne fonctionne que lorsqu'il fait l'objet d'une adhésion de plein gré. Ce faisant, ils confèrent à la loi un rôle plus modeste que les républicains purs et durs de la première catégorie. La loi peut se tromper, elle peut tomber dans l'insignifiance par exagération.

Le même clivage peut s'observer dans le domaine religieux.

Certains pensent qu'une Eglise se définit par l'ensemble des dogmes qu'elle professe. D'autres pensent que ces dogmes sont soumis, comme tout sur terre, à l'usure du temps et qu'il ne convient pas de les graver dans le marbre : la lettre tue et l'esprit vivifie.

Cela ne signifie pas qu'il faille s'abstenir d'énoncer des convictions, ainsi la France a-t-elle reconnu le génocide arménien, ainsi les Eglises chrétiennes professent-elles la mort et la résurrection de Jésus-Christ, mais elles savent aussi où cela mène de vouloir obliger tous les hommes à une telle confession.

La liberté est qu'on le veuille ou non, indissociable du droit à l'erreur et même de l'erreur la plus stupide. Mais il y a des remèdes qui sont pires que le mal.

Chronique du 12 octobre 2006 – Fréquence Protestante Pasteur Serge Oberkampf.

Voilà un petit pays d'un peu plus de vingt millions d'habitants qui vit, toutes frontières fermées pour ses habitants, dans la peur et la faim.

La moindre critique exprimée contre son dictateur Kim Jong Il, fils de son père également dictateur, Kim Il Sung auquel il a succédé en 1994, vaut à toute la famille le camp de rééducation par le travail d'où on ne ressort presque jamais vivant. En 1995, une famine aurait fait trois millions de mort. En juillet de cette année, de terribles inondations ont fait plusieurs dizaines de milliers de victimes, et ont détruit les récoltes et les réserves de grain. L'hiver risque d'^être terrible.

Mais qu'importe si le peuple meurt, il y aura toujours de quoi donner à manger à l'     armée. On a persuadé le peuple que celle-ci était un rempart contre l'impérialisme américain qui selon la propagande ferait vivre ceux qui sont sous sa coupe dans un tel malheur que la vie Nord coréenne est un paradis en comparaison...

Comparaison que les Nord-Coréens ne peuvent pas faire, coupés qu'ils sont de toute information extérieure véridique.

Appliquant la vieille recette de toutes les dictatures depuis Staline, le pouvoir brandit sans cesse la menace d'une agression qui réclame l'accroissement continuel des moyens de défense, moyens qui servent en réalité à mater le peuple. C'est dans ce contexte, à l'issue de rodomontades distillées depuis plusieurs années qu'intervient cette explosion qui permet à Kim Jong Il d'apparaître aux yeux de la population celui qui a doté son pays de l'arme nécessaire à endiguer définitivement l'impérialisme américain.

En fait, on est même pas sûr du caractère nucléaire de cette explosion. L'important est d'entretenir la fable tragique du petit pays qui consent des efforts surhumains pour lutter contre le mal et ainsi justifier le régime.

Celui-ci ne peut tenir que grâce à une inflation continuelle du mensonge. Quelle sera le prochain épisode ?

Hélas, le résultat immédiat va être la suspension des aides humanitaires qui seules permettent à la population de survivre.

Oui, l'hiver des Nord-Coréens sera rude.

Chronique du 13 octobre 2006 – Fréquence Protestante Pasteur Serge Oberkampf.

Voici près de quarante ans jour pour jour que François Ponchaud tout juste ordonné prêtre des Missions étrangères de Paris s'embarquait à Marseille pour rejoindre le pays qui lui était assigné : le Cambodge.

Il n'a plus quitté ce pays, il en a appris la langue, s'est imprégné de ses meurs, de sa religion, de son âme. En 1975, il assiste à l'arrivée des Khmers rouges, à l'évacuation forcée des habitants de Phnom Penh. Il est le premier à) décrire l'horreur quand encore, à Paris, certains parlent d'une libération. Il se démène pour organiser les camps de refugiés en Thaïlande, risque sa vie, souvent, lors de l'invasion du pays par les Vietnamiens. Puis il trouve le temps de traduire la Bible en Khmer. Après le retour à d'indépendance, dans un pays dévasté, au milieu des soldats de l'ONU, il campe pratiquement avec son évêque Yves Ramousse, et autres prêtres, Emile Destombes devenu depuis évêque de Phnom Penh et une ou deux sœurs à côté des ruines de la cathédrale.

Il s'évertue à réorganiser l'Eglise, créer des petites cellules dans tout le pays, écrit des ouvrages de catéchisme, engage le dialogue avec les bouddhistes.

Là où il est, il remet les paysans au travail, les aide à creuser des canaux et des bassins de rétention des eaux.

Cet homme aussi infatigable que modeste donnera jeudi prochain dix-neuf octobre à 20h15 en l'Eglise Saint-Sulpice, Paris 6e, une conférence à l'invitation de la paroisse catholique et de l'Eglise réformée de Pentemont-Luxembourg.

Au-delà d'un témoignage bouleversant, le Père Ponchaud pose la question difficile de ce que peut être aujourd'hui la mission.

A l'heure du sanglot de l'homme blanc qui bat sa coulpe d'avoir colonisé les pays du Tiers(monde, alors que rares sont les contrées où le développement économique peut être espéré même à long terme, il est essentiel pour les chrétiens de s'interroger sur ce qu'ils peuvent faire pour attester l'universalité, la catholicité de l'Eglise de Jésus-Christ.

Certains que j'appelle des "sortistes", pensent que la meilleure solution est de se retirer de ces pays, afin de contraindre, malgré les effusions de sang probables, les peuples à prendre en main leur avenir.

D'autres rêvent de bâtir des centres, gérés par les occidentaux où il y aurait écoles, lycées, centre de formation professionnelle afin de former une élite qui pourrait ensuite gouverner leur pays.

D'autres encore se résolvent à accompagner, cahincaha les hommes et les femmes, au travers des vicissitudes de systèmes corrompus en espérant qu'à la fin du compte le résultat sera positif.

Jeudi soir, avec le Père Ponchaud, Eglise Saint-Sulpice, 20h15, soyez-là, c'est important!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Semaine du 27 février au 3 mars -  Fréquence Protestante - Serge Oberkampf

Une société faible

Sous les assauts simultanés des OPA hostiles, des moustiques, du virus aviaire et du gang des barbares, notre société montre de signes de faiblesse.

Cela n'est pas étonnant. Nous sommes d'autant plus fragiles que nous avons conscience d'avoir dans ce monde une situation privilégiée, et par conséquent beaucoup plus à perdre qu'à gagner. Notre confort, fruit de trente glorieuses années d'enrichissement, est menacé. Demain risque pour la première fois dans notre mémoire d'être pire qu'hier et le coq gaulois en pâte a bien du mal à se dresser sur ses ergots.

La résistance à tout ce qui viendrait remettre en cause les avantages acquis ou des statuts privilégiés le prouve assez.

On arrivera sans doute à exterminer les moustiques et il est sûr que la Déclaration universelle des droits de la volaille n'existant pas, beaucoup d'hôtes des basses-cours seront confinées dans des ghettos avant de finir au four crématoire.

Mais la faiblesse de tout peuple civilisé est de s'interdire d'exterminer les barbares. Glorieuse faiblesse des démocraties, aboutissement peut-être de la culture chrétienne : tous les humains sont créés à l'image de Dieu et jouissent de droits imprescriptibles. Ce que l'on s'interdit à juste titre d'exterminer, on cherche à l'exorciser. D'où ces manifestations touchantes d'unanimité, qui ont eu lieu hier.

L'apôtre Paul le disait déjà : je préfère me vanter de mes faiblesses, car lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort. Fort bien, mais que cela soit vrai, et que cette attitude ne tombe pas sous la critique de Nietzsche qui reprochait au christianisme d'ériger la faiblesse en valeur faute de pouvoir faire autrement. Il faut accepter de vivre une autre parole évangélique : n'ayez pas peur !

Pratiquement, cela signifie accepter de sortir le coq de la pâte, sans quoi il risque de subir le sort des autres volailles.

Cela ne serait pas la première fois dans l'histoire qu'une civilisation serait submergée par les invasions barbares.

Vive la liberté !

Dans la dernière livraison du journal "Réforme", il faut lire en page 14 le remarquable article de Jean Baubérot.

On y apprend qu'alors qu'un énorme tapage médiatique saturait les ondes à propos des caricatures de Mahomet ou de l'affaire d'Outreau, aucun écho n'a été donné à la condamnation de la France par la Cour européenne des Droits de l'Homme pour atteinte à la liberté d'expression.

Deux cas ont été totalement ignorés, ou occultés je ne sais, par les médias.

Le premier concerne la condamnation d'un Témoin de Jéhovah, auteur d'un livre intitulé "Sectes, religions et libertés publiques" qui polémiquait avec la toute puissante association antisectes UNADFI. A l'unanimité –juge français compris, donc- la cour européenne a estimé que le tribunal français avait bafoué la liberté d'expression.

Il est évident qu'en France, entre un Témoin de Jéhovah et l'UNADFI, on sait vers où penche le préjugé !

Le second cas concerne un écrivain juif, condamné pour, je cite "diffamation raciale envers la communauté chrétienne", cela ne s'invente pas ! Il faut vraiment être gravement sous développé culturellement pour proférer une telle expression ! Cet écrivain avait émis l'idée qu'un certaine théologie chrétienne avait contribué à faire le lit des persécutions antisémites. Même si l'argument manque de nuance ou de développements, il n'y a pas de quoi condamner un chat.

Dans la même veine, il me revient à l'esprit l'histoire de ce député du Nord condamné à amende et dommages et intérêts pour homophobie, parce qu'il avait fait remarquer que l'homosexualité ne favorisait pas la démographie et exprimé l'opinion que l'hétérosexualité lui paraissait moralement préférable.

De plus en plus, il apparaît que toute critique devient condamnable. Or le respect de la liberté d'expression implique que la bêtise elle-même soit libre. Elle se corrige non par des procès mais par des arguments rationnels et l'intelligence.

Si les tribunaux sont tellement encombrés, ils le seraient  sans doute moins s'ils se déclaraient incompétents dans ce genre d'affaire, ce qui de plus éviterait la surenchère dans la bêtise dont témoigne l'attendu du verdict pris à l'encontre de l'écrivain juif.

Mais il faudrait pour cela qu'en amont la loi ne vienne pas envahir tous les domaines de la vie, étouffant toute idée iconoclaste et délivrant un prêt à penser moralisant et moralisateur que je trouve personnellement écœurant.

Le loi tue, c'est l'Esprit qui fait vivre

et là où est l'Esprit, là est la liberté.

Le CPE

Le Sénat a voté dans la nuit le Contrat de Première Embauche qui suscite des opinions contrastées.

Pour les uns, il s'agit d'une mesure propre à inciter les chefs d'entreprise à trouver plus intéressants de faire travailler un jeune que d'avoir recours à des heures supplémentaires, pour d'autres il s'agit d'une entorse au droit du travail qui aura pour effet d'augmenter encore la précarité.

Pour d'autres encore, cette mesure ne changera rien au sort des jeunes cherchant à faire leurs premiers pas sur le marché de l'emploi.

Deux éléments incontestables doivent demeurer à l'esprit pour essayer de se faire une opinion.

D'abord, qu'on le veuille ou non, le but d'une entreprise n'est pas  de fournir de l'emploi mais de gagner de l'argent. Il est donc illusoire de penser qu'une entreprise embauchera qui que ce soit si elle n'y trouve pas son intérêt. Cet intérêt dépend de la productivité apporté par l'éventuel employé. La question est donc : le contrat première embauche permet-il de réduire le coût pour l'entreprise de celui qui en bénéficie ?

Ensuite, comme le disait en d'autres temps Lionel Jospin, il faut admettre que l'Etat ne peut pas tout. Peut-être le propre du temps que nous vivons est de constater que l'Etat ne peut plus faire Plus.

Nous souhaiterions bien sûr que soit assuré pour tous un droit à l'emploi stable, un droit au logement, un droit à vivre 90 ans en bonne santé, un droit au téléphone portable sur tout le territoire, l'extension du réseau TGV etc. le tout sans augmentations des impôts ni les cotisations sociales, en faisant des études longues, en prenant la retraite à 60 ans tout en ne travaillant pas trop dur toute l'année.

Il faut faire le deuil de ce rêve. D'autant plus que nous devons savoir que tout ce que les gouvernements font pour maintenir cet Eden relatif où nous vivons s'effectue le plus souvent au détriment des habitants des pays les plus pauvres de la planète.

Par rapport à ces enjeux, le Contrat Première Embauche ne me semble pas mériter ni louanges ni exécration. Il ne pourra, dans un sens ou dans l'autre, n'avoir que des effets marginaux, comme de faire baisser la côte de popularité du 1er ministre.

Da VINCI CODE

Allons-nous assister après l'immense succès du livre, à une seconde déferlante Da Vinci Code avec le film qu'on annonce devoir être projeté en avant-première au festival de Cannes?

Le livre avait déjà manifesté la grande propension de nos contemporains à ne pas distinguer entre les genres littéraires, mélangeant avec une grande naïveté fiction et réalité au grand dam de mon ami le curé de Saint Sulpice qui a dû subir les hordes de curieux en quête de sensationnel.

Il y a tout lieu de penser que le film devrait augmenter encore cet effet, s'il est vrai  que l'image possède un plus grand pouvoir fascination que l'écrit.

Certains ne manqueront pas de faire le parallèle entre le traitement fait à Jésus par Dan Brown avec celui réservé à Mahomet dans les désormais célèbres caricatures. Il serait dommage de rester à un niveau&u aussi indigent. On n'arrivera pas à résoudre le problème en préconisant l'abstention de tout ce qui peut choquer au prétexte que les consommateurs ne sont pas assez éduqués pour faire la part des choses.

S'il est une position protestante constante, c'est de préférer enseigner la natation plutôt que d'      assécher les lacs, d'apprendre aux gens à lire plutôt que de les cantonner à une histoire sainte qui les protège de toutes les difficultés. Le temps n'est pas si lointain où l'on considérait dans certains milieux que la Bible ne devait pas être mise entre toutes les mains.

Le formidable impact des médias est une caractéristique déterminante du temps où nous vivons. Il serait illusoire de vouloir en protéger qui que ce soit, et il est donc nécessaire de donner dans l'éducation de nos enfants une part au développement de l'esprit critique et aux capacités de faire un tri dans le flot continu de messages dont nous sommes abreuvés.

Aurais-je l'audace de prétendre qu'une très bonne façon de s'y exercer est de lire avec attention les textes bibliques. Excellente école pour mesurer les différences entre divers genre littéraires, et comprendre que la vérité s'exprime par divers canaux, y compris ceux qui à première vue peuvent paraître les plus hostiles.

Car tout concourt, écrivait Paul, au bien de ceux qui aiment Dieu.

L'enfer de l'Irak

Depuis quelques jours l'Irak est en proie à une escalade de violence entre les communautés sunnites et chiites, les deux traditions de l'Islam. Chacun s'évertue à détruire les mosquées des autres et les morts déjà se comptent par centaines.

Si dans l'ensemble du monde musulman, le sunnisme est largement majoritaire, les Chiites sont plus nombreux en Irak. Dans le précédent régime, ils étaient sévèrement contrôlés car on les soupçonnait d'accointance avec l'ennemi et voisin iranien, où le chiisme est pratiquement religion d'Etat.

Les Chiites on pris leur revanche lors des élections en Irak, où les différents partis ne se positionnaient pas selon des programmes et des idées mais en fonction de leur appartenance : Sunnites, Chiites, Kurdes. C'est à présent au tour des Sunnites de se sentir brimés…

Le summum de la violence s'observe en général lorsque la collusion s'opère entre des enjeux de pouvoir et des enjeux confessionnels.

Ce fut le cas lors des guerres de religion au XIVe siècle en France, et plus récemment en Irlande du Nord. Au moment de la Réforme, l'Allemagne a pu éviter l'atrocité en raison du morcellement du pays. Chaque prince choisissait la religion de son Etat, et ceux qui n'étaient pas contents pouvaient déménager; Mais lorsque l'Etat est déjà centralisé et les populations imbriquées, il semble que l'on doive s'attendre au pire.

La solution, et elle prend du temps à s'instaurer, ne peut venir que de la séparation entre politique et religion. Déconfessionnalisation des partis et neutralité politique des églises ou des mosquées.

Un telle conception ne correspond pas au génie propre de l'Islam se pense comme une société globale. Il y a donc tout lieu de craindre que les déchirements irakiens ne soient qu'à leurs débuts. Les forces en présence sont assez équilibrées pour que l'on ne puisse pas prévoir à court terme la victoire d'un camp sur l'autre (ce qui a été le cas en France, où le parti catholique a fini par l'emporter).

Il est douteux que les forces américaines et les anglais aient les moyens de s'interposer. Le conflit ne devrait cependant pas s'internationaliser car il n'est pas d'autre pays où les rapports de force permettraient l'émergence d'une telle situation.

La preuve est faite en tous cas que le passage d'un monde de brutes à une démocratie paisible ne peut pas se décréter, et que les bonnes intentions naïves de M. Bush en ce domaine ont pavé un enfer.

 

 

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