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Quelques remarques sur la Semaine de Prière pour
l’Unité des Chrétiens
Malgré les espoirs du Père Wattson, qui a pris l’initiative
de cette semaine de prière il y a tout juste un siècle, force est de
constater :
Que l’unité entre les confessions chrétiennes a fait
peu de progrès. Par certains côtés on peut même penser que les positions sont
plus éloignées encore aujourd’hui qu’elles ne l’étaient au XVIème siècle,
tout du moins en Occident. Pour les historiens en effet, et à partir d’un tronc
commun, naît autour de 1520 ce que l’on a appelé la Réforme protestante. Lui
répond la Contre Réforme
élaborée au cours du Concile de Trente (1545-1563) qui anathémise les positions
protestantes et fixe les fondements du catholicisme romain. Au-delà des
oppositions terme à terme classiques sur les sacrements, les ministères, la
compréhension de la liberté, il est important de se rendre compte que ce sont
les principes même qui soutendent la pensée théologique qui s’opposent. Il n’y
a donc pas lieu de s’étonner que les siècles suivants donneront matière à de
nouveaux sujets de conflits.
Pour le Protestantisme,
l’Ecriture comme l’Evangile de la grâce seule fonctionnent comme des sécateurs
destinés à couper les branches trop foisonnantes du développement religieux.
Tout au contraire le Catholicisme voit dans l’Ecriture un tronc destiné à
supporter tous les développements que l’Esprit donnera à l’Eglise. C’est dans
cette croissance que s’inscrivent les trois dogmes de 1854 (Immaculée
Conception de Marie), 1870 (Infaillibilité du pape s’exprimant ex cathedra)
et 1950 (Assomption de Marie) qui ajoutent des pommes de discorde.
On ne réécrit pas l’histoire. Et
il est tout à fait illusoire de penser que les églises chrétiennes divisées se
réunifieront avant le retour du Christ.
II)
Que l’unité des chrétiens a fait des progrès
gigantesques. Au XVIème siècle on s’étripait, au XIXème on
s’insultait, aujourd’hui on se marrie ensemble. Ceci démontre à l’évidence que
les différends certes réels entre les confessions peuvent, quand certaines
conditions sont réunies, apparaître secondaires par rapport à des points
d’accord essentiels : une seule foi exprimée par le même Credo, un seul
baptême, un seul Dieu.
Deux raisons principales me
semblent expliquer l’heureuse situation présente :
a) La
beaucoup plus grande modestie dont l’homme fait preuve quand au champ de ce
qu’il peut connaître. Si au XVIème siècle on pensait savoir ce que
pensait Dieu, comment il se rendait présent à ses fidèles, aujourd’hui on se
rend compte qu’on aurait souvent mieux fait de se taire que de trancher des
questions manifestement hors de la compétence de l’entendement humain. On ne
voit plus ainsi s’affronter les doctrinaires féroces autour des points de
controverse classiques.
b) La
fin de la chrétienté. Quand tout le monde est chrétien, il est logique que les
débats, voire les conflits opposent les chrétiens. Quand les chrétiens deviennent
minoritaires, ils se rendent compte soudain qu’au regard des autres leurs
positions sont très proches et leurs oppositions dérisoires.
Ils en arrivent même à concevoir,
c’est l’étape suivante qu’il faut appeler de nos prières qu’il pourrait
annoncer l’Evangile ensemble….
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