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Culte du dimanche 20 juillet 2008 Romains
8, 26-30
Vous savez sans doute ou bien vous
avez déjà entendu dire que la prière est le moteur d'une
piété vivante : tant que quelqu'un peut prier (appeler
au secours, négocier son cahier de charges), il n'est
pas tout à fait perdu...
Mais nous savons aussi que la prière,
c'est-à-dire l'expression même de notre relation à Dieu,
n'est pas ce qui marche le mieux dans notre vie quotidienne,
et nous devons bien donner raison à l'apôtre quand il
écrit que « nous ne savons pas prier comme il
faut » (v.26).
Tantôt trop distraits, tantôt trop
stressés ou tout simplement paresseux ; et la première
à en pâtir, c'est notre vie spirituelle !
Mais, vous l'avez entendu, ce passage
du chapitre 8 de l’épître aux Romains sur lequel nous
nous arrêtons un moment ce matin nous rapporte un bel
encouragement :
« Quand nous ne savons pas prier comme
il faut, l'Esprit de Dieu vient en aide à notre faiblesse
» (v. 26).
Peut-être avez-vous déjà pu vérifier
personnellement cette affirmation : vous étiez fatigués,
à plat, mais Dieu s'est rappelé à vous par une image
ou une parole qui vous ont touchés.
Cela vous a réveillés ou alors, vous
avez vu les choses dans une autre perspective ; bref,
Dieu vous a rendus à la vie, à la joie de vivre ou à
vos responsabilités, en tout cas à la vie avec lui.
Cela ne veut pas dire que nos prières
gagnent tout à coup en perfection ; peut-être ne sont-elles
que des phrases très courtes : « Merci, Seigneur, de
te savoir près de moi ! » ou « Prends pitié, mon Dieu
! », mais nous aurons la certitude que ce que l'Esprit
Saint a ainsi suscité et exprimé, va, à tous les coups,
rejoindre le cœur de Dieu et être compris par lui.
Il n'est donc pas surprenant que l'apôtre
souligne dans ce contexte : « Nous savons, en effet,
que tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu »
(v. 28).
Car si, dans sa grande bonté, notre
Père céleste vient nous aider quand nous sommes incapables
de prier, nous pouvons être sûrs qu'il ne nous abandonnera
pas dans toutes les autres situations de la vie et nous
pouvons donc lui remettre et nos soucis pour le pain
quotidien et ceux qui concernent notre emploi ou l'avenir
de nos enfants.
Attention, ce « tout concourt au bien
de ceux qui aiment Dieu » ne signifie pas qu'il n'y
ait plus de soucis à se faire : certaines difficultés
peuvent se présenter. Il faut les affronter. Mais cela
n’enlève pas la promesse qui a été faite.
En effet, le meilleur qui puisse nous
arriver, c'est « d'être conformes à l'image du Fils
de Dieu » et « d'être ajoutés au nombre de ses frères
»(v. 29) !
Cette mention de l'image nous renvoie
à l'une des premières affirmations de la Bible où il
est dit que « l'homme a été créé à l'image de Dieu »
et donc appelé à vivre en communion avec lui.
Oui, nous étions, en principe, capables
de l'aimer et de nous abandonner à lui, mais en réalité
nous constatons tous les jours combien nous avons perdu
cette qualité d'origine, au point de ne même plus être
« branchés sur sa longueur d'ondes ».
Car désormais pour pouvoir seulement
imaginer ce que c'est que d'être « à l'image de Dieu
», il nous faut considérer le Christ Jésus en qui se
décline une vie faite de confiance en Dieu et d'obéissance
à sa Parole.
Jésus-Christ est venu dans le monde,
pour nous permettre de retrouver le sens premier de
notre existence, savoir la représentation du Créateur
au sein de la création !
Malgré les épreuves, les maladies,
les difficultés de la vie, les déceptions ; Dieu est
là, qui persévère à nous délivrer, pour nous redresser,
pour nous permettre de repartir de l’avant.
A ce propos, il est utile de bien lire
le « tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu »
avec le précieux rajout qui le complète : « ...de ceux
qui aiment Dieu et qui sont appelés selon son dessein
» ! —
Souvent, nous laissons cela de côté,
parce que nous ne savons pas comment comprendre ce «
dessein », comme si Dieu avait, dès le commencement,
décidé qui de nous héritera la vie éternelle et qui
en sera définitivement exclu.
Je reconnais avec vous qu'une telle
prédestination peut donner la chair de poule et nous
décourager, surtout quand nous nous arrêtons à nos difficultés
pour aimer Dieu et le prochain, mais l'apôtre ne parle
pas ici de cette prédestination-là !
Il souligne seulement à l'adresse de
chacun : si tu peux croire en la miséricorde de Dieu,
ce n'est pas ton mérite, mais c'est parce que Dieu t'a
fait grâce.
Nous pensons volontiers que la foi
est notre affaire : c'est nous qui écoutons l'appel
de Dieu et qui décidons de lui répondre ou non...
Et il y a du vrai dans cela : l'homme
participe à son salut, puisqu'il choisit entre la vie
et la mort et qu'il se met oui ou non à la suite du
Christ.
Mais, dans tout cela, il s'agit plus
de notre disposition que d'un mérite.
Si nous disons « oui » à l'Evangile,
c'est parce que Dieu a tout fait pour que cet Evangile
existe et nous parvienne, peu importe si c'est à travers
l'Histoire en général ou à travers notre histoire particulière,
par nos parents, nos connaissances ou par tel éducateur
qui ont été ou qui a été notre évangéliste...
C'est d'ailleurs heureux que notre
foi ne dépende pas de nos décisions ou de nos humeurs,
car elle serait aussi incertaine et changeante qu'elles
; mais parce que nous pouvons savoir que notre foi a
été suscitée par Dieu et qu'elle est fondée sur son
amour, elle n'a plus rien à craindre ni des modes ni
de quelque courant d'air !
Ce qui compte, c'est que nous nous
sachions
« appelés, justifiés et glorifiés ».
Certains peuvent dater leur appel :
il précède immédiatement leur repentir et leur engagement
à suivre Jésus-Christ sur le chemin de la vie nouvelle.
Certains se savent appelés dès l'aube
pour aller travailler dans la vigne du Seigneur, d'autres
n'ont reçu leur convocation qu'au soir de leur vie,
comme les ouvriers embauchés à différentes heures (Mt
20,1-16).
Pour la grande majorité d'entre nous,
cet appel a même dû se répéter, comme pour Simon Pierre,
pour qu'enfin nous soyons capables de prendre des responsabilités
dans l'Eglise (Jn 20, 15-17).
Alors ne nous inquiétons pas, si nos
enfants ou d'autres personnes que nous aimons traînent
les pieds pour répondre à leur appel.
Dieu nous offre d'être rendus justes
devant lui, à cause de son amour en Jésus-Christ ; alors
acceptons ce cadeau et allons à Dieu, tels que nous
sommes, et faisons-lui confiance : la croix du Christ
nous a ouvert le chemin de son cœur et ... « nous a
glorifiés » !
Oui, « glorifiés », car bien que nous
cheminions encore sur terre, Dieu nous regarde comme
ceux qui ont déjà atteint au but : puisque le « premier
de cordée » — Jésus Christ — est arrivé dans sa gloire,
il n'y a plus de doutes quant à notre destinée.
Voilà, frères et sœurs, comment « Dieu
vient en aide à notre faiblesse »
Si tu peux croire en la miséricorde
de Dieu, ce n'est pas ton mérite, mais c'est parce que
Dieu t'a fait grâce.
Qu’il nous soit en aide.
Amen.
Dimanche 13 juillets 2008
: Esaïe 55, 6-13
L'avez-vous déjà réalisé ? Dieu est
surprenant.
Il ne se laisse pas enfermer dans des
idées ou dans des définitions, seraient-elles dans la
tête ou sur les lèvres de ceux qui croient en lui !
C'est que Dieu colle rarement avec
nos images de Dieu. Dieu se cache, à moins que ce ne
soit comme un Dieu caché qu'il se fasse connaître…
Oui, notre Dieu est réellement surprenant,
c'est sans doute pourquoi les gens ne le trouvent pas
facilement : ils ne le cherchent peut-être pas au bon
endroit ! Et nous ?…
Les humains pensent que Dieu est au
ciel... et si Dieu n’est pas au ciel, ils se rabattent
alors sur la terre : assurément Dieu est partout…
Si Dieu n’est pas partout, alors les
humains se réfugient dans le concept : certainement
Dieu est grand, Dieu est tout-puissant, Dieu est l'Etre.
Quant à nous, nous sommes touchés par
le néant de la maladie, le néant de toutes sortes de
détresses, nous sommes impuissants devant le monde et
tous ses rouages, et même, nous sommes impuissants devant
le moindre de nos semblables.
Nous sommes des petits, et ceux qui
se croient grands ne sont guère différents des autres.
Si Dieu est tellement grand, et nous
si petits, un tel dieu doit être bien dangereux, la
distance entre sa majesté et notre petitesse est bien
trop grande pour nous.
A moins qu'il ne soit trop près.
Si Dieu est trop près, les humains
se noient alors dans la culpabilité !
Dans ce cas-là, Dieu est notre juge,
le Dieu grand s'est approché, et tout ce qui nous arrive
se révèle alors n'être que la sanction de notre misère.
La venue de Dieu est pour le jugement, et voici la condamnation
qui arrive. Qui donc serait trouvé pur, blanc comme
neige, devant ce Dieu-là ? Si ce Dieu existe, qu'il
s'en aille donc loin, oui, qu'il disparaisse de l'horizon
de nos vies !
Mais Dieu n'est rien de tout cela.
Dieu n'est pas un fantasme de l'ère pré-scientifique.
Dieu n'est pas la projection de nos envies ou de nos
peurs. Dieu n'est pas la raison de nos réussites ou
de nos échecs. On ne peut pas non plus enfermer Dieu
dans une doctrine ou théorie scientifique.
Dieu est différent.
Dieu se laisse chercher, Dieu se laisse
trouver.
Dieu dévoile la méchanceté, mais pas
pour la punir : c'est pour la transformer, pour la réduire
!
Dieu n'est pas homme pour se venger,
pour avoir besoin de la puissance, pour vouloir la richesse.
Dieu n'est pas homme pour avoir besoin
qu'on le serve, qu'on lui rende un culte, qu'on lui
sacrifie sa vie.
Dieu est un ami.
- Dieu est un Dieu qui marche, et non
un Dieu qui réside.
- Dieu est un Dieu qui donne, et non
un Dieu qui attend de recevoir.
- Dieu est un Dieu qui parle, et non
un Dieu qui condamne.
Et la marche de Dieu à nos côtés, comme
celle d'un ami, éclaire nos pas et nous soutient.
Et la grâce de Dieu pour nous, comme
le cadeau d'un ami, n'attend rien en retour que la joie
de celui qui reçoit.
Et la parole de Dieu pour nous, comme
celle d'un ami, est faite de silence et de présence,
de compassion et de discrétion.
Mais la parole de Dieu, si faible soit-elle,
comme la parole d'un ami, est une parole agis¬sante,
une parole qui transforme, qui relève, une parole qui,
d'un mot, peut donner un sens ou changer un cap, comme
ça, l'air de rien, juste par amour.
La parole de Dieu, sans fanfare ni
décorum, la parole de Dieu change le monde, mais pas
au-dessus de nos têtes : c'est dans nos cœurs, c'est
dans les circonstances con¬crètes de la vie, que cette
parole retentit. Cette parole, elle se livre à nous,
dans les pages de cette Bible, dans les échos de ce
temple (de cette chapelle).
C'est que Dieu, oui, le Dieu du ciel
qui n'est pas dans le ciel, s'est fait proche, proche
de nous, d'une proximité qui n'est pas celle de la terre.
Dieu se laisse trouver quand on le
cherche, lui, et non pas un autre dieu.
Si c'est la science qui le cherche,
elle ne le trouvera pas.
Si c'est la philosophie, elle se convaincra
de son inexistence.
Si c'est la soif de mystère ou de magie,
la soif de puissance de celui qui en manque ou de celui
qui l'exerce, alors beaucoup de dieux se présenteront,
mais aucun ne sera le vrai ; il ne se trouvera là que
des mensonges, des vanités…
Qu'est-ce qui, en nous, doit chercher
Dieu pour le trouver si près, lui, le vrai Dieu ? C'est
la repentance, ou la conversion, dites-le comme vous
voulez : c'est un seul mot dans la Bible !
Celui qui, en Dieu, cherche sa justice,
celui qui, en Dieu, cherche l'ami qui lui parlera, le
Père qui le nommera et qui l'appellera, celui-là est
heureux : Dieu se laisse trouver, Dieu se révèle pour
ce qu'il est, le Père miséricordieux, l'ami fidèle.
Mais à cela il faut bien une distance,
la distance pour parler sans assourdir, et néanmoins
être entendu. Il faut une distance parce qu'il faut
une parole. Sans elle, la repentance ne serait qu'écrasement
; la conversion nouvel esclavage.
Dieu est donc distant et proche, et
sa Parole, envoyée vers nous, agit en nous et nous tourne
vers lui, comme les tournesols se tournent vers le soleil,
et c'est bien ce qui les définit, c'est bien ce qui
leur a donné un nom.
Il en est de même pour les chrétiens,
puisque la parole envoyée vers nous s'appelle Christ,
et que cette parole nous tourne vers le Père, dans le
mouvement même de l'Esprit qui est la foi.
Dieu n'est pas en nous, sinon il ne
pourrait être Père et nous ne pourrions être engendrés
par lui à une vie nouvelle, à une identité nouvelle,
d'enfant de Dieu. Et Dieu n'est pas si loin que son
amour ne nous parvienne pas.
C'est qu'entre lui et nous, il y a
Christ, vrai Dieu et vrai homme. Non pas un autre Dieu
que le Père. Non pas d'une autre humanité que la nôtre.
Lieu vivant de la rencontre vivante
entre Dieu et l'homme, entre le péché et le pardon,
entre la misère et la justice. Vers ce lieu, tous sont
appelés, Esaïe déjà le savait sans encore le connaître.
Liée à cet appel qui concerne tous
les hommes, il y a une promesse pour ceux qui y répondent,
pour ceux qui sont ainsi rencontrés par la Parole de
Dieu. Cette promesse, ce n'est pas d'être un héros de
la morale ou de la foi, ce n'est pas de devenir bon
et pieux, encore que ça ne fasse de mal à personne…
La promesse de Dieu, frères et sœurs,
ce sont quatre choses.
Les deux premières sont la joie et
la paix.
Elles sont les fruits de la Parole
de Dieu en nous. Les fruits de la rencontre, en Jésus-Christ,
de Dieu et de cet être humain particulier que je suis.
Les fruits de la foi, donc.
La joie et la paix ne se fabriquent
pas et ne se perdent pas, elles se supportent mutuellement
et permettent aussi de faire face aux moins joyeux des
événements, aux plus violents des traumatismes.
De plus, elles sont communicatives
! Et voici la troisième promesse : elles le sont à toute
la création. Montagnes et arbres deviendront eux-mêmes
joyeux et pacifiés, lorsque nous, nous le serons, lorsque
nous, nous le sommes… Ceci n'est pas dit pour souligner
notre responsabilité et donc alourdir notre responsabilité,
sinon ce serait une étrange joie, une drôle de paix.
C'est bel et bien une promesse, un fruit de l'Esprit,
là encore.
L'écologie biblique nous dit bien que
la nature dépend de nous, mais dans ce sens bien spécial
: notre
salut la fait éclater de joie !
Enfin, tout culmine avec la quatrième
promesse, le quatrième fruit de la rencontre entre Dieu
et nous : c'est que nous, nous qui recevons notre nom
de Dieu, nous serons pour lui le nom par lequel il sera
connu.
C'est donc bien une vraie adoption,
et pas seulement un acte de charité. En nous voyant,
on ne se dira plus sur Dieu qu'il est ici ou là et comme
si ou comme ça. On se dira, le monde et ses habitants
se diront : Dieu ? C'est leur Père !
Aussi, frères et sœurs, quand vous
parlez, quand vous agissez, quand vous vous tenez quelque
part, quand vous respirez !, laissez la Parole de Dieu
porter fruit en vous, afin d'être vous-mêmes le témoignage
que Dieu se rend dans le monde qui est le nôtre.
Mieux que les étoiles, la raison, la
morale ou la puissance, c'est vous qui êtes la "renommée
[de Dieu], un signe perpétuel qui ne sera pas retranché".
Amen.
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