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Prédications du pasteur Simon Wiblé

- Vendredi 25 décembre 2010: Matthieu 2, 1-12
- Dimanche 27 juin 2010 : Luc 9, 57-62
- Dimanche 7 février 2010 : Luc 5, 1 à 11

Série "Les 10 paroles" (Les 10 commandements), 2010
- Dimanche 24 janvier 2010 : Néhémie 8, 1-10 / 1 Corinthiens 12, 12-30 / Luc 1, 1-4 et 4, 14-21
Série "Le Credo", 2009
- Matthieu 25, 14-30
- Dimanche 9 novembre 2008 : Jean 2,13-25
- Dimanche 20 juillet 2008 : Romains 8, 26-30
- Dimanche 13 juillet 2008 : Matthieu 16, 13-22

 

Vendredi 25 décembre 2010

Texte biblique :
Matthieu 2, 1-12

Frères et sœurs, bonne nouvelle : Vous ne l’aviez peut-être pas envisagé mais ce matin, avec  les mages, nous rentrerons chez nous par un autre chemin.
Oui, qu’en ce jour de Noël, le Christ nous aide à nous déplacer sur le chemin où nous le cherchons.
Qu’il ouvre notre regard, de manière à ce que nous puissions le reconnaître et le recevoir dans sa vérité.
Qu’il vienne rencontrer nos vies pour nous permettre de rentrer chez nous comme les mages : par un autre chemin.

Le réformateur allemand Martin Luther disait :

"La naissance biblique du Christ signifie partout sa naissance spirituelle, c’est-à-dire la façon dont il naît en nous et nous en lui".

C’est cela qu’il faut célébrer au cœur des Ecritures : que cette naissance-là — celle-là et pas une autre — devienne une nouvelle compréhension de notre vie, de Dieu et du monde.

Alors, suivons les mages car ils nous aident à reconnaître la naissance de Jésus, là où ne nous l’attendions pas.

Ces mages sont des savants astronomes, venus probablement de Babylone. Ils observent le ciel, scrutent, analysent ;  ils ont une révélation : le roi des Juifs va naître.

Ils se mettent en route pour lui rendre hommage et se dirigent tout naturellement vers la capitale des Juifs : Jérusalem.

Arrivés dans la ville, ils questionnent la population pour savoir où est le roi. Ils le font avec suffisamment d'insistance pour que la rumeur remonte jusqu'au roi Hérode qui est troublé.

Après s'être renseigné auprès de tout le personnel religieux que compte la ville (les grands prêtres et les scribes), sur l'endroit où devrait naître le messie, Hérode convoque discrètement les mages, les envoie à Bethléem et leur demande d'enquêter pour son compte sur la naissance de ce futur roi des Juifs... afin, dit-il, de pouvoir à son tour lui rendre hommage.


Les mages quittent Jérusalem vers Bethléem et ce n'est qu'à partir de là (v. 9) que l'étoile qu'ils avaient vu naître à Babylone les conduit jusqu'à l'étable. Ils se présentent à la crèche, se prosternent devant Jésus et Marie et leur offrent en cadeau de l'or, de l'encens et de la myrrhe.

Enfin — et ce n'est pas la partie la moins intéressante de notre récit —, ils désobéissent aux instructions d'Hérode, et rentrent chez eux sans passer par Jérusalem.

De l'histoire de ces mages, je souhaiterai retenir pour nous ce matin trois enseignements.

1. Ces mages sont des hommes qui se sont mis en marche et ont entrepris un voyage de plusieurs mois à cause d'une révélation qu'ils ont eu.

Et ils ont insisté, et lorsqu'ils sont arrivés à Jérusalem, ils ont enquêté avec suffisamment d'insistance pour que leur présence soit signalée à Hérode.

Et ce n'est qu'à partir de ce moment-là, que leur signe s'est manifesté dans sa totalité et que l'étoile qu'ils avaient observée est venue à leur rencontre pour les conduire jusqu'à l'étable.

C'est la raison pour laquelle le texte précise qu'ils connurent une grande joie... une vraie joie. (Littéralement : « Ayant vu l’étoile, ils se réjouirent d’une joie grande fortement » v. 10).

L'histoire de ces hommes est celle de notre foi. Chacun d'entre nous, si nous observons lucidement notre existence et notre monde, pouvons y repérer des signes de la présence de Dieu qui ne sont pas plus fragiles que l'astre que ces astronomes avaient repéré dans leurs observations.

A la différence des mages, il nous manque sans doute le désir de la rencontre. Nous sommes bien paresseux pour nous lever et nous mettre en route, dans nos vies, afin de répondre à ces signes.

Et pourtant, si nous le faisions, j'ai la conviction, dans la foi, que nous verrions des confirmations de cette présence de Dieu aussi éclatante que cette étoile qui est venue à la rencontre des mages pour les conduire jusqu'au Christ.
Si nous ne voyons pas ces confirmations, c'est probablement que nous ne nous sommes pas levés et que nous continuons à vivre comme si nous n'avions rien observé, comme si ces signes de Dieu n'existaient pas, comme si la foi n'était qu'un pur jeu intellectuel.

De Babylone d'où ils sont partis pour répondre à l'appel d'un signe fragile, les mages se sont retrouvés beaucoup plus près du Christ qu'Hérode qui n'était qu'à quelques kilomètres de Bethléem et qui avait à sa disposition toutes les données de l'Ecriture.

Mais ils ont accepté de se laisser interpeller dans leur vie par cet appel de Dieu, alors qu'Hérode voyait dans ce même appel une menace qui risquait de contester sa vie, sa situation et ses certitudes.

2. Le second enseignement que ces mages peuvent nous transmettre est celui de leur humilité : ils viennent déposer leurs cadeaux au pied de la crèche.

Cette humilité explose à nos yeux lorsque nous redisons qui étaient ces mages et qui ils sont venus adorer.

Les mages, ce sont des savants, des scientifiques de la grande école de Babylone, des hommes qui voyagent. Nous pourrions dire : des experts qui participent à des colloques internationaux.

En face, un enfant... Pas même un enfant, un bébé (nouveau-né), qui n'est même pas né à Jérusalem mais à Bethléem, même pas dans une auberge mais dans une maison, une étable (Matthieu ne nous donne pas de détails sur le lieu).
Et les scientifiques internationaux viennent déposer leurs trésors, leurs offrandes, dans cette maison.

Ils viennent se prosterner, avec leurs richesses et leur savoir, devant cet enfant qui est peut-être le futur roi d'Israël, mais qui est sûrement, ce jour-là, le roi qui s'est fait petit, humble, pauvre et faible.

Le roi qui a voulu incarner dans sa vie tout l'esprit des béatitudes que nous lirons au premier trimestre de l’année prochaine, chaque dimanche.

Les mages manifestent ici une lucidité de l'Evangile tout à fait étonnante. Ils ont compris que leurs richesses et leurs connaissances ne prenaient toutes leurs valeurs que si elles étaient offertes à la crèche, c'est-à-dire si elles étaient venues dans l'esprit des béatitudes.

Et à nous tous, quel que soit le niveau de nos connaissances, de nos compétences et de nos richesses, les mages viennent dire que tout ce que nous sommes, tout ce que nous avons et tout ce que nous savons n'est que poursuite du vent si nous ne savons pas les déposer au pied de la crèche, c'est-à-dire les vivre dans l'esprit des béatitudes.

Après avoir relevé la capacité de ces savants à se mettre en marche, après avoir mis en valeur l'humilité de ces hommes, il nous reste à observer leur liberté.

3. Cette liberté, ils l'avaient déjà manifestée en quittant leurs laboratoires pour adorer dans leur vie celui qu'ils avaient repéré avec leur intelligence.
Ils l'avaient confirmé par leur humilité. Il faut une grande liberté pour reconnaître que nos avoirs et nos savoirs n'ont de sens que si nous sommes capable de les offrir à Jésus-Christ.

Cette liberté, elle éclate lorsque, sereinement, ils rentrent chez eux sans passer par Jérusalem, sans obéir au roi Hérode qui leur avait demandé de lui faire un rapport sur ce messie.

Avertis par Dieu en songe, les mages refusent de se soumettre aux ordres du pouvoir. Ils ont la liberté d'enfreindre les ordres. Ils refusent d'ouvrir leurs voiles au vent qui vient d'en haut.

Ils refusent de se laisser séduire par cette sorte de fascination qui rôde autour des sphères des pouvoirs que nous connaissons.

               Pour les mages, la vérité pèse plus lourd que tous les pouvoirs humains : c'est cela leur liberté.

Bilan :

Par la capacité de ces mages à se mettre en route, par leur humilité et par leur liberté, l'Evangile de ce matin nous désigne tout simplement la route sur laquelle Dieu nous appelle en ce jour de Noël et cette année nouvelle qui vient.

Que nous soyons seulement capable de nous mettre en mouvement au nom de l'Evangile,
que nous soyons seulement capables de déposer ce que nous sommes et ce que nous avons aux pieds de Jésus-Christ,
que nous soyons seulement capables d'être libre vis-à-vis de tous les pouvoirs,

et alors, j'en ai la certitude, ce Noël 2010 sera pour nous un événement fécond et béni.

Rappelez vous cette phrase de Martin Luther :

"La naissance biblique du Christ signifie partout sa naissance spirituelle, c’est-à-dire la façon dont il naît en nous et nous en lui".

C’est cela qu’il faut célébrer au cœur des Ecritures : que cette naissance-là — celle-là et pas une autre — devienne une nouvelle compréhension de notre vie, de Dieu et du monde.

Célébrer la naissance de Jésus, ce n’est donc pas cocher une date qui jamais ne peut appartenir au calendrier de notre vie et de notre histoire.

Car le Christ est né, je veux dire Christ ne peut naître que dans le geste même de la découverte et de la confiance accordée, c’est-à-dire justement pour qui cette naissance devient un événement décisif et alors qu’il n’y a aucune raison objective à cela.
La crèche et la foi ne sont pas séparables. En effet, je peux toujours voir un enfant dans une crèche,

mais qu’avec cet enfant — celui-là et pas un autre — je puisse déclarer "Christ est né",
cela je ne peux le dire qu’au moment où "Christ" devient le nom de ce qui survient, de ce qui rencontre et modifie l’être humain que je suis.

Au fond, la déclaration "Christ est né" coïncide toujours avec la naissance d’un sujet chrétien.

Voilà une bonne nouvelle pour nous aujourd’hui : que Noël soit encore ce qui peut nous arriver.

Que Noël ne soit rien d’autre en réalité que ce qui nous arrive
aujourd’hui.

Joyeux Noël à tous.     Alléluia !

Amen.

Dimanche 27 juin 2010

Texte biblique :
Luc 9, 57-62

Le thème sur lequel il nous est donné de nous arrêter ensemble ce matin est assez difficile à comprendre et à appliquer :

Comment suivre Jésus, comment marcher à sa suite, comment lui être fidèle ?

En cette fin d’année scolaire, où est-ce que j’en suis avec ma vocation de chrétien ? Mon engagement de foi, personnel et au service des autres ?

Point de départ et motivation de toute vie chrétienne ; ce thème, dans le texte de l’Evangile selon Luc est présenté avec trois réponses de Jésus, trois sortes de maximes qui sont censées décrire ce que cela représente que de suivre Jésus ; trois maximes qui pourtant sonnent comme des réponses assez évasives et pleines de mystère.

« Les renards ont des terriers et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'Homme, lui, n'a pas où poser sa tête ! »

« Laisse les morts enterrer leurs morts, mais toi, va annoncer le règne de Dieu ! »

«  Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n'est pas fait (disposé, approprié) pour le Royaume de Dieu.  »

Et c'est sans doute un premier point à noter : à ces trois hommes qui demandent à le suivre, Jésus ne répond bien sûr pas par la négative ! Mais il ne répond pas non plus par un « Oui »  franc et massif !

Il ne dit pas simplement : « Allez venez, suivez moi ! Pas de problème ! »  Il donne au contraire ces trois réponses assez étranges et mêmes assez dures, pour susciter chez les trois « candidats »  une réflexion, pour les amener à prendre conscience que leur choix devra aussi entraîner une certaine manière de vivre, pour les amener à prendre conscience que suivre Jésus, c'est du sérieux et que cela ne se fait pas à la légère.

 « Les renards ont des terriers et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'Homme, lui, n'a pas où poser sa tête ! »
Avec cette première image, Jésus a sans doute d'abord voulu décrire sa propre situation de nomade et d'itinérant. En effet, dans l'Évangile de Luc, Jésus et ses disciples n'ont pas de maison à eux. Ils ne sont chez eux que là où on les accueille pendant un moment.
Ils n'ont ainsi pas de sécurité matérielle et pas de possession propre. Ils sont pour ainsi dire entièrement dépendants de la solidarité des autres. Cette première réponse sonne donc comme un avertissement.
Dans le contexte de l'époque, Jésus veut avertir cet homme qui demande à le suivre que lui aussi devra renoncer à sa sécurité matérielle et peut-être aussi à sa sécurité spirituelle, à son confort, à ses certitudes.
Le chemin avec Jésus est un chemin qui n'est pas forcément fait de sécurité, car justement, il ne s'arrête jamais. Faire route avec Jésus exclut le fait de vouloir s'installer une fois pour toutes, que ce soit matériellement ou spirituellement. Faire route avec Jésus, c'est être prêt à aller toujours plus loin, toujours en avant, quitte à renoncer à ce qui était acquis.
Mais si on peut assez facilement comprendre cette réponse dans le contexte de l'époque, n'est elle pas un peu étrangère à nous aujourd'hui ?
Car nous, nous ne pouvons évidemment plus suivre Jésus physiquement, sur les chemins de la Palestine.
Cette parole a-t-elle alors encore quelque chose à nous dire ? Je le crois, si nous la prenons de façon un peu métaphorique. En effet, cette sécurité à laquelle Jésus fait indirectement référence, n'est ce pas exactement ce que nous recherchons de plus en plus ?
Nous voulons être sécurisé et assuré dans tout, que ce soit au niveau matériel ou spirituel, que ce soit vis à vis de nous mêmes ou vis à vis des autres. Le mot « insécurité »  est devenu un mot qui fait peur et qui nous sert à mettre des barrières entre nous et ceux qui ne sont pas sûrs.
Si, il fut un temps, l'insécurité c'était les maladies ou les catastrophes naturelles, c'est aujourd'hui devenu les jeunes des banlieues ou les immigrés et autres étrangers. Et le fait de chercher à tout prix à nous mettre en sécurité vis à vis de ces gens dénote en fait la peur qu'on en a, une peur qui du même coup exclut la rencontre et le dialogue.
Or, suivre Jésus, c'est aussi le suivre là où la rencontre de l'autre présente des risques et demande à ce qu'on surmonte ses peurs et ses préjugés.
Jésus n'est pas uniquement entré dans les maisons où il pouvait tranquillement s'installer les pieds sous la table ; il est allé aussi là où il risquait de se faire jeter dehors, aussi là où il risquait d'être incompris, aussi là où il risquait carrément sa vie. Le suivre, c'est aussi le suivre là, même si ce n'est pas très sécurisant.
Dans le domaine de la foi aussi nous cherchons des sécurités.
On se pose souvent la question : pourquoi les sectes ont-elles un tel succès, pourquoi attirent-elles tant de monde ?
Un élément de réponse qui me semble devoir être pris en ligne de compte, c'est que justement, la plupart d'entre elles donnent des réponses et évitent de poser des questions. Et la plupart des gens qui sont adeptes sont bien des gens qui ne veulent plus se poser de questions, qui veulent une réponse, quelle qu'elle soit, qui les rassure et leur évite de réfléchir.
Or, suivre Jésus, c'est aussi être prêt à se poser des questions, et même être prêt à se remettre en question. Jésus n'assène pas des réponses toutes faites qui vaudraient pour chacun. Il laisse l'homme libre de trouver son chemin et ses réponses à ses questions.
Voilà ce qu'on peut retenir de cette première réponse :
Prendre le risque ; le risque d'aller là où on n'ose pas, le risque d'aller vers ceux dont on a peur à priori ; le risque aussi de se remettre en question à la lumière de la Parole de Dieu ;

La seconde réponse : « Laisse les morts enterrer leurs morts, mais toi, va annoncer le règne de Dieu ! »  est certainement la plus difficile à admettre des trois.
Il paraît incompréhensible que Jésus ait donné à cet homme ce choix inhumain : le suivre ou bien aller enterrer son Père.
Jésus a certainement utilisé la situation pour dire autre chose à cet homme. Pour lui dire peut être que les morts, ce sont ceux qui n'entendent pas l'appel de Dieu lorsqu'il leur est adressé.
Il est d'ailleurs significatif que sur les trois hommes, ce deuxième est le seul où c'est Jésus lui-même qui dit : « Suis moi ! »  
C'est Jésus qui appelle cet homme et qui lui dit que le suivre, c'est maintenant faire le choix entre la vie et la mort. Se mettre en route pour annoncer le règne de Dieu, c'est laisser derrière soi toutes les puissances de mort qui sont en nous et autour de nous pour miser avec confiance sur la vie.
On peut aller un peu plus loin, je crois, dans l'analyse de cette parole. En parlant de laisser les morts enterrer leurs morts, Jésus ne pensait sans doute pas au moment précis de l'enterrement mais bien plus à ce qui suit, au deuil.
Et sans doute avait-il remarqué, comme nous, que beaucoup de gens, après une épreuve ou après la perte de quelqu'un, n'arrivaient plus à vivre, n'avaient plus d'avenir, plus d'espérance.
Et ce que Jésus a voulu dire alors à cet homme à qui il dit : « Suis moi », c'est qu'il pouvait retrouver un tel avenir, une telle espérance.
Laisser les morts enterrer leurs morts signifie, non pas qu'il ne faille pas rendre les derniers devoirs aux disparus, mais bien qu'après un deuil ou une épreuve, notre vie ne s'arrête pas fatalement et ne doit pas fatalement rester prisonnière du passé.
Image de l’horloge dont le balancier s’est arrêté
Au contraire, à la suite de Jésus, notre vie peut à nouveau s'ouvrir, retrouver un sens.
Si on entend son appel et qu'on choisit de le suivre, Jésus peut redonner une raison de vivre à tous ceux qui n'en avaient plus.
Ce que nous pouvons retenir de cette deuxième parole :
Suivre Jésus, c'est ainsi laisser derrière nous nos peurs et tout ce qui nous empêche de vivre ; c'est croire que toutes ces puissances de mort qui nous enchaînent sont déjà vaincues par le Christ et que nous avons le pouvoir en toutes circonstances de faire triompher la vie.  

La troisième parole, «  Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n'est pas fait (disposé, approprié) pour le Royaume de Dieu.  », comme la seconde, est un peu abrupte et ne doit certainement pas être lue dans son sens littéral.
La réponse un peu choquante sert à susciter la réflexion chez l'interlocuteur pour l'amener à sortir de ses idées préétablies. Encore une fois, il serait difficile à croire que Jésus ait refusé à cet homme le droit d'aller faire ses adieux aux siens avant de le suivre. Encore une fois, Jésus a voulu dire autre chose.
D'habitude, on interprète cette parole un peu comme la seconde, une exhortation à ne pas se raccrocher au passé et à se tourner vers l'avenir. Mais il y a peut-être une autre explication, plus juste.
Une petite anecdote peut nous mettre sur la voix. Un jour qu'un pasteur prêchait sur ce texte et citait cet homme qui met la main à la charrue et qui regarde en arrière, tout le monde s'est mis à rire.
Cela se passait dans un milieu rural où tous les gens étaient agriculteurs. Or un agriculteur moderne, sur son tracteur, est obligé de regarder en arrière pour voir si son sillon est droit, vu que le soc de la charrue est derrière.
Mais à l'époque de Jésus, le soc était devant l'agriculteur ; pour le voir, il devait donc regarder devant. Cette parole a donc moins à voir avec les notions de passé et d'avenir qu'avec l'idée d'attention qu'on porte à ce qu'on fait, au travail qu'on fait.
Dans l'exemple de Jésus, celui qui regarde en arrière est celui qui ne regarde pas ce qu'il fait, qui ne fait pas attention à ce qu'il fait, qui n'est pas sérieux dans la tâche qu'il accomplit. Il n’est pas disposé, approprié.
Ce que nous pouvons retenir de cette troisième parole :
Suivre Jésus, travailler avec lui (acolyte) à l'annonce du Royaume de Dieu, c'est du sérieux et demande une attention et un engagement constants.

Réflexion, en cette fin d’année scolaire, sur le ministère, l’engagement ecclésial. Porter le nom de chrétien, devenir chrétien, c’est être mu par un appel, par une vocation qui nous tire devant.

Suivre Jésus, c'est se donner une ligne de conduite et la garder, l'avoir toujours en ligne de mire, lui, pour ne pas dévier de ce chemin.

Au terme du survol de ces trois paroles de Jésus, on peut donc résumer : suivre Jésus c'est d'une part
-       accepter de prendre des risques, le risque de la rencontre de l'autre, le risque de la remise en question ;
-       c'est aussi mettre toute sa confiance en lui et croire que réellement il nous offre un avenir et une espérance ;
-       c'est enfin être et rester fidèle, prendre son engagement au sérieux.

Suivre Jésus, c'est avoir part à ses promesses, mais c'est aussi prendre un engagement clair et solide et y rester fidèle.

Tout cela est sans doute plus facile à dire qu'à vivre réellement et à appliquer ; mais c'est pour cela aussi que Jésus ne nous laisse pas seuls, qu'il nous accompagne jour après jour et pas après pas sur ce chemin que nous pouvons faire avec lui.

« Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres mais il aura la lumière de la vie. »  Que sa lumière nous accompagne sur les chemins de nos vies.

Amen.

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Dimanche 7 février 2010

Culte au temple de Port-Royal. Culte commun avec les luthériens de la paroisse de Trinité-Saint-Marcel

Thème : Suivre le Christ
Luc 5, 1 à 11

« Ils laissèrent tout et le suivirent »

Deux barques pleines à en déborder de poissons. Ils laissèrent tout. J'en connais qui auraient dit : "0n va d'abord mettre tout cela au congélateur puis on reviendra". ou encore : "il faut vendre, mettre l'argent à la banque, puis on viendra" . Qui sait ce qui ce passera plus tard.

Peut-être aussi : "On va d'abord distribuer aux pauvres puis on viendra".

Simon (je l’appellerai parfois Pierre), Jacques et Jean sont des professionnels. Ils connaissent la valeur du travail, ils connaissent la valeur de la nourriture gagnée à la sueur de leur front.

Voilà qu'ils abandonnent tout sur place, sans hésitation sans discussion, sans rien mettre de côté, pour un homme qu'ils connaissent à peine.

Nous sommes au début du long périple de Jésus en Palestine, en Galilée.

Difficile à admettre ?

Pas pour celui qui a rencontré Christ.

Que s'est-il donc passé pour que ces hommes durs abandonnent une telle pêche ? Ils ont obéi au Christ !

Ne crains point, désormais tu seras pêcheur d'hommes.

Est-ce donc l'attrait d'un nouveau métier, la possibilité d'abandonner un métier fait de lutte contre les éléments ingrats et périlleux ?

La nouvelle existence ?

Le texte nous montre qu'il n'obéit pas par calcul, par intérêt, il obéit spontanément.

Simon Pierre s'est converti et à partir de cela rien ne compte sinon Christ et le royaume de Dieu.

Cette conversion est évoquée avec beaucoup de pudeur : elle tient en deux mots: « Maître » et « Seigneur ».

Dans le premier il y a l'estime de Simon pour cet homme qui vient de guérir sa belle-mère. L'estime pour cet homme qui sait parler aux foules : "Maître nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre ; mais sur ta parole je jetterai les filets". C'est ce maître qui fera le miracle.

Peut-on dire que l'obéissance de Pierre est la conséquence d'un espoir de pêche, après tant d'heures d'efforts inutiles ?

Pierre s'attend-il à une récompense pour avoir prêté sa barque à Jésus? Il semble qu'il ait obéi sans grand espoir.

D'abord qu'est-ce que Jésus connaît de la pêche ? N'est-il pas charpentier ? Et cet ordre de jeter les filets en pleine eau ne contredit-il pas les règles de la pêche ?

Pierre obéit et le miracle se produit. La pêche est surabondante, il faut faire venir une deuxième barque à la rescousse. Et l'épouvante les saisit, la crainte devant l'incompréhensible.

La crainte devant l'intervention de Dieu.

Cette pêche extraordinaire n'est que l'aspect le moindre du miracle : le miracle, c'est dans le cœur de Pierre qu'il s'accomplit : « Seigneur, éloigne-toi de moi parce que je suis un homme pécheur ».

Pierre reconnaît devant Jésus sa véritable nature de pécheur, à qui une grâce a été faite. Oh non pas la grâce d'une barque pleine mais la grâce de la rencontre de Dieu en Jésus-Christ.

Il comprend que quand on a rencontré Jésus, quand Jésus s'est emparé de quelqu'un, une seule chose est importante : le salut, l'obéissance et l'adoration : "Seigneur",

Non plus le maître qui remplit la vie, mais « le Seigneur » qui lave les péchés et sauve le pécheur

Mais comment s'est opéré la grâce de cette conversion car c'est bien de cela qu'il s'agit ?

C'est la rencontre qui a opéré ce miracle.

La guérison de la belle mère de Pierre est-ce que cela le concernait personnellement ? Non. Un miracle qui touche les autres excite notre admiration, peut-être aussi notre scepticisme mais surtout l'admiration.

La lecture des récits de miracles peut nous faire admirer mais ne nous fera pas abandonner le résultat si tangible de notre travail pour suivre l'inconnu qui a réalisé le miracle.

Pour arriver à délaisser barques, filets et poissons, Pierre a été touché dans ce qu'il avait de plus profond, de plus caché, de plus secret : sa nature profonde, sa nature de pécheur.

Jésus lui a fait dire tout haut ce qu'il n'osait dire tout bas : « je suis un homme pécheur ».

Cette rencontre a été une rencontre personnelle. Pierre réparait ses filets en écoutant Jésus parler à la foule mais quoi ? Pendant le sermon, on ne se sent pas concerné, on ouvre le parapluie et tout passe sur les épaules des voisins ? On bulle tranquille jusqu’au prochain cantique ?

Ce n'est pas le sermon qui a agit. C'est l'appel direct.

Jésus n'a pas besoin des hommes. Il n'a que faire d'une masse anonyme. Il veut Pierre. Il te veut toi, il me veut moi à son service.

Pour Pierre cela commence par la barque que Jésus emprunte. Cela commence parce que ce n'est pas terminé pour autant.

Nous ne nous mettons pas définitivement en ordre avec Jésus en lui donnant un peu de ce que nous possédons. Jésus veut régner sur nos forces, nos possibilités, nos connaissances et que nous nous mettions totalement à son service.

Pour cela Jésus nous cherche, personnellement.

Pierre ne se décide pas. Jésus l'appelle. Il ne l'appelle pas à travers le sermon mais à travers la rencontre personnelle. C'est quand la foule se sépare que commence le travail du Christ. Alors le sermon n'a-t-il servi à rien ? La prédication de l'Eglise est-elle vaine ?

Non car elle sensibilise, elle veut préparer le chemin du Seigneur et nous préparer tous à la rencontre du Christ.

La difficulté, c’est que cette rencontre n’est pas toujours prévisible ou immédiatement vécue dès lors que l’on s’y prépare.

Christ n'est pas toujours là quand nous l'attendons mais il nous surprend comme il a dû surprendre Pierre en lui demandant de le conduire.

Jésus ne vient pas à nous à heure fixe ; il n'attend pas toujours que nous soyons dans ce qu'on appelle une situation propice de douleur, de tristesse, de découragement ou d'isolement.

Il y a des rencontres à ces moments-là mais aussi en dehors de ces heures.

Pierre et ses compagnons lavaient leurs filets, après une nuit de pêche infructueuse.

Rien ne laisse dire que lui et ses compagnons étaient attristés de ses efforts vains de la nuit. Cela fait partie du métier de pécheur, c’est le métier.

Jésus a besoin de Pierre ; d'abord pour une petite chose insignifiante, l'éloigner de la côte, le conduire. Et bien souvent Jésus prend contact avec nous par de petites demandes qui nous semblent insignifiantes.

De petites demandes que nous aurions tendance à oublier, à refuser car, nous voyons souvent mal leur rapport avec le royaume de Dieu.

C'est le premier pas que fait Jésus et il a dû surprendre Pierre mais il doit nous faire penser à cette phrase que Jésus fait dire au maître de ce serviteur : « tu as été fidèle dans les petites choses, je t'établirai sur les grandes ».

Pierre était disponible pour les petites choses. Il le sera aussi pour les grandes, pour l'évangélisation, pour l'appel, la pêche des hommes.

Jésus ne demande pas tout de suite à Pierre de prouver sa foi en allant de par le monde ; d'abord les petites choses. Dans notre vie n'en est-il pas de même ? Dieu nous demande beaucoup de petites choses.

Sommes-nous prêts à les accomplir, sommes-nous prêts à nous mettre au service de Dieu, dans tout ce qu'il nous demande, même dans les tâches ingrates ou attendons-nous que Dieu nous demande d'être pêcheurs d'hommes ?

Si nous n'entendons pas ces petits appels il n'y aura jamais d'autres appels.

Dieu appelle des disciples, et si nous savons le voir, le recevoir en nous, en tant que Seigneur, alors il nous dira à nous :

"Tu seras pêcheur d'hommes".

Et si notre découverte du Christ passe par les mêmes étapes que celle de Pierre alors la question de savoir ce que nous abandonnons ne se pose plus parce que comme Pierre, Jacques et Jean, nous laisserons tout pour le suivre.

Amen

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Dimanche 24 janvier 2010

Prédication donnée au cours de la messe, célébrée par le Père Edouard Bois, en l’église Notre-Dame des Champs, à l’occasion de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens.

Textes bibliques :
- Néhémie 8, 1-10
- 1 Corinthiens 12, 12-30
- Luc 1, 1-4 et 4, 14-21

L’Évangéliste Luc a tenté de tracer une présentation de la vie de Jésus la plus exacte possible.

Il écrit à Théophile pour le convaincre de la certitude, de la solidité des enseignements reçus

Lorsque Luc accomplit ce travail, il ne désire pas faire œuvre d’historien. Son intention est de nous aider à entrer dans la personne de Théophile et de découvrir-nous aussi qui est véritablement ce Jésus de Nazareth.

Dans notre texte d’Evangile de ce matin, Jésus se présente à Nazareth, à la synagogue et on lui présente le texte d’Esaïe 61.

« L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur »

Jésus se situe ainsi dans la lignée des prophètes. Comme Néhémie l’avait fait en son temps, il invite ceux et celles qui le voudront à se disposer à l’Écoute de la Torah, de la Parole de Dieu.

Dans la droite ligne de la tradition juive, Jésus souligne que la parole de Dieu est toujours vivante agissante. Le Dieu de Jésus n’est pas une tradition cachée derrière des mots mais un Dieu de vie qui vient au devant des siens pour rappeler que « sa Parole » ne saurait jamais être lettre morte.

Jésus proclame une parole qui est à la fois nouvelle et ancienne.

Ancienne, parce que les prophètes bien avant lui l’avait déjà criée, proclamée, mais elle est nouvelle car Jésus proclame que cette parole concerne tous ceux et celles qui à son époque autour de lui sont privés d’espérance.

Jésus vient comme prophète et annonce à son tour :

La bonne nouvelle de la libération en faveur des pauvres

La libération des prisonniers

La guérison des aveugles

La fin du joug, de ce qui pèse et écrase les humains.

Jésus, comme un juif pieux, vient à la synagogue et dit simplement qu’à tout moment de l’histoire humaine, Dieu demeure prêt à accomplir sa Parole et qu’il nous invite à avoir foi en ses promesses.

Le Dieu de Jésus-Christ tel que Luc nous le présente demeure le Dieu Sauveur et libérateur qui nous arrache au mal et il le manifeste par des œuvres de délivrance, de libération, de guérison.

Le Dieu que Jésus vient révéler, est un Dieu au milieu de son peuple, Dieu parmi nous, Emmanuel.

Il ne suffit pas d’affirmer pour Luc sa naissance hors du commun, mais de susciter notre adhésion à son projet. Comme Théophile nous voilà invités à entrer dans la découverte d’un Dieu qui ne se révèle pas de manière unique, en une fois, mais qui nous invite à cheminer avec lui à tous moments.

Ainsi, Jésus déclare être l'envoyé de Dieu, l'oint du Seigneur, le Messie venue pour accomplir le projet de Salut de Dieu pour l'humanité.

Il vient pour accomplir le nouvel exode, pour délivrer les hommes de l'esclavage du péché.

La réaction de l'entourage de Jésus a de quoi nous étonner.

La réaction des auditeurs est mitigée et pour cause, il y a tant de vendeur de « doctrines nouvelles », de proclamateur de liberté qui trompent et asservissent. Jésus annonce qu’il est au service du Dieu Sauveur créateur de nouveauté et que c’est lui qu’il faut écouter.

Cet exclusivisme ne tient pas à sa personne, mais au fait que ce qu’il dit vient de Dieu.

Pour nous en convaincre, l’évangéliste Luc nous rapporte cet épisode à la synagogue où le texte, aux yeux des auditeurs devient parole. Une parole qui fait ce qu’elle dit.

L’alliance entre Dieu et les hommes est nouvelle puisqu’elle est incarnée par Jésus de Nazareth.

C’est un peu comme si l’assemblée n’écoutait plus seulement un texte définitif et figé mais comme si elle « lisait » Jésus, incarnation de la nouvelle alliance.

Cette bonne nouvelle nous engage, elle nous mobilise, elle nous met en route : nous plaçons notre confiance en un Dieu qui s’est révélé au milieu de l’assemblée.

Jésus-Christ manifeste la présence du royaume de Dieu.

Il nous appelle à nous décharger de tout ce qui nous rend prisonnier et immobile.

Nous décharger de tout ce qui a triomphé en nous, avec ou contre notre gré, et qui nous sépare de Dieu, qui nous rend prisonnier.

Oui, qu’est ce qui a triomphé de nous qu’est ce qui nous empêche d’entrer pleinement dans la voie de l’Evangile ?

Les récits évangéliques rapportent de nombreuses occasions où Jésus invite certains de ses interlocuteurs à le suivre et qui ne sont guère enthousiasmés par cette idée.

Prenez par exemple la rencontre avec le jeune homme riche, le récit de Luc 18. Il souligne que le jeune homme devint tout triste lorsqu’il entendit l’exhortation de Jésus : « Vas et vends tout ce que tu as ».

La bonté de Dieu va jusqu’à précéder la compréhension humaine que l’on peut avoir de son plan et de son amour.

Prenez le récit des dix lépreux ; ils sont dix et demandent avec ardeur la guérison (Luc 17, 11 à 19). Ils l’obtiennent, nous dit le récit, et pourtant il n'y en aura qu’un seul qui reviendra remercier Jésus.

Ils n’ont vu en lui qu’un guérisseur et ils ne se sont pas posés de question sur ce qui leur était arrivé !

La guérison des aveugles n’est pas seulement physique.

Si l’Evangile est un appel à combattre avec toute notre énergie le mal sous toutes ses formes, il est aussi un appel à mettre la lumière là où elle absente.

Il ne faut pas oublier que pour les contemporains de Jésus le débat est grand et beaucoup pensaient que la maladie était la conséquence du péché, du mal commis par les humains. Certains iront jusqu’à évoquer que l’aveuglement physique et spirituel est la conséquence du péché et sa punition.

L’Evangéliste Luc veut nous amener à saisir un Jésus qui ne vient pas seulement pour être un guérisseur mais pour nous faire entrer dans une nouvelle manière de vivre ; dans nos communautés, dans nos églises, dans nos familles.

La rencontre avec Jésus nous amène à poser un regard nouveau sur nos compagnons de route.

On peut bien sûr par habitude passer son temps à répéter pendant des siècles de belles formules, sans jamais les traduire en actes.

Jésus nous prend à contre-pied. Si nos formules finissent par s’user et nous agacer les oreilles, Dieu nous invite à nous laisser habiter par elles.

Jésus considérait que des paroles, finalement banales et classiques, avaient l’autorité nécessaire pour devenir des paroles de vie

Etre disciple de Jésus c’est croire qu’avec Lui, les hommes sont sauvés, libérés de tout ce qui écrase ; c’est se mettre au travail pour que le bonheur voulu par Dieu parvienne à tous ceux et celles qui sont enfermés dans le malheur.

Etre disciple de Jésus, c’est accomplir, avec Lui, des œuvres qui disent la réalité du Salut offert, qui libèrent et rendent espoir aux humains, qui leur permettent de vivre debout, dignes et fiers car ils sont fils et filles bien aimés du Père.

Etre disciple du Christ, c’est croire en ses paroles et être prêts à le suivre, en marchant dans ses pas. C’est être comme lui annonciateur de bonne nouvelle.

A la synagogue de Nazareth, les yeux des membres de l’assemblée sont fixés sur Jésus.

Etre disciple du Christ, c’est découvrir à travers la lecture du texte ancien, sa présence dans notre vie aujourd’hui.

Citation de M Luther « Aujourd’hui, reconnaîtrions-nous le Christ s’il passait par la fenêtre ? Mieux vaut chercher à le saisir par les Ecritures »

Oui, « Cette parole de l’Ecriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit »

Frères et sœurs, nous croyons en Dieu.
Christ est Parole de Dieu, Il est vivant.
Amen

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Texte biblique :
Matthieu 25, 14-30

 

Les chapitres 24 et 25 de l’évangile selon Matthieu offrent une réponse de Jésus à une question angoissée des disciples : « Dis-nous quand cela arrivera et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde ? »

La parabole des talents fait partie d'un ensemble de paraboles regroupées autour du thème de la vigilance dans l'attente du retour du maître. Elle nous dit que la vraie vigilance n'est autre que la fidélité dans le service du Seigneur. « Veillez et travaillez »

Elle détruit donc la notion d'une foi passive, paresseuse, déresponsabilisante, la religion opium du peuple, oreiller de paresse, dans laquelle il s'agit de s'en remettre à Dieu qui nous prend en charge et nous dégage de nos responsabilités.

Mais elle n'enseigne pas pour autant l'activisme, la morale du devoir, de l'effort, du travail, la peur de ne pas en faire assez, en un mot le salut par les œuvres.

Ni une foi endormante ni une foi écrasante.

L'accent ne porte pas tant sur nos devoirs à remplir que sur notre relation à Dieu et notre responsabilité devant Dieu. Cette relation à Dieu doit d'abord être une relation de confiance et d'amour.

La première chose que nous révèle cette parabole, c'est que Dieu nous fait confiance.

Voici un maître qui confie à ses serviteurs d'énormes sommes d'argent. Le talent, qui a pris dans notre langue le sens de capacité naturelle, d'aptitude particulière, était à l'époque un certain poids d'argent ou d'or.

Un talent représentait environ vingt années de salaire d'un ouvrier. On peut donc entendre par là non seulement nos talents naturels ou les dons spirituels que Dieu nous accorde, mais aussi tous les biens que Dieu met à notre disposition et qui lui appartiennent.

Ainsi donc, ce maître confie à ses serviteurs une importante partie de ses biens et s'en va en leur faisant confiance pour les utiliser au mieux. Il leur laisse à cet effet une grande liberté, il ne leur dicte pas leur conduite, il ne les enferme pas dans un règlement à appliquer bêtement.

Il les traite en adultes, en hommes responsables, capables d'initiative.

C'est ainsi que Dieu agit envers nous. En quittant ses disciples, Jésus leur a fait confiance. Il leur a remis ses biens jusqu'à son retour, en leur laissant une grande marge d'initiative.

Le serviteur de Dieu, c'est-à-dire le chrétien, a une tâche à accomplir, mais en adulte, en homme ou en femme responsable.

On a pu dire que la vraie maturité se voit à la capacité d'accomplir avec autant de soin notre tâche quand personne ne nous regarde que quand quelqu'un nous surveille !

Les deux premiers serviteurs de la parabole ont compris cela. Le maître leur a fait confiance. Ils veulent se montrer dignes de cette confiance. Ils veillent à ne pas décevoir l'attente du maître.

Ils se reconnaissent responsables devant lui. Aussitôt, ils s'emploient à faire valoir le bien reçu. Cet empressement montre qu'ils n'agissent pas simplement par devoir, mais par amour. Les affaires de leur maître leur tiennent à cœur.

Ils ne se sentent pas exploités, bernés, brimés, mais bien honorés, valorisés par la confiance qui leur est faite. Ils croient à la bienveillance de leur maître.

Faisons un pas de plus en affirmant que le maître de la parabole donne, sans rien exiger en retour. Et que l’action des serviteurs n’est pas liée à la réaction ou au jugement du maître

Est-ce bien ainsi que nous voyons la tâche que Dieu nous confie, à nous chrétiens ? Comme une marque de confiance, une grâce, mais qui nous met en position de responsabilité et nous appelle à la fidélité ?

L'Evangile est un message de grâce. Il nous parle d'abord de ce que Dieu nous donne, d'un salut qui est un don gratuit.

Cette grâce mobilise, elle met en route.

Le don de Dieu comporte une mission, une tâche à accomplir, une réponse d'amour qui est l'engagement de notre vie à son service.

La grâce conduit au service.

C'est ce que le troisième serviteur de la parabole n'a pas su — ou voulu — comprendre. Son comportement peut nous paraître étrange. Un trou dans la terre ; quelle drôle d'idée ! Pas si drôle que ça quand on sait que, d'après la législation rabbinique, le dépositaire d'une somme d'argent était dégagé de sa responsabilité en enfouissant cet argent dans la terre, puisque c'était là la plus sûre protection contre les voleurs.

Nous discernons donc la première préoccupation de ce serviteur : se dégager de sa responsabilité, reprendre sa liberté, laisser de côté les affaires du maître pour s'occuper des siennes propres.

A ses yeux, la confiance qui lui est faite est un fardeau. Travailler pour un autre, c'est être exploité. Tout ce qu'il fait pour le maître est perdu pour lui. Cette façon de penser n'est pas si étrange. Elle nous paraît même naturelle, évidente — au moins à certains moments.

Mais comment faire, se dit ce serviteur, pour révoquer le droit du maître, ou tout au moins pour le rendre inoffensif. Le trou dans la terre, c'est la solution. A son retour, je pourrai lui dire : "Voilà, tu as ce qui est à toi. Je n'ai rien perdu. Je ne suis pas de ces mécréants qui gaspillent ce qui ne leur appartient pas".

Derrière ce raisonnement se cache une autre motivation : ma sécurité d'abord. Ce serviteur ne veut rien faire qui comporte des risques. Il cherche à s'assurer, à se garder de l'échec possible, à ne pas commettre de faute. Mieux vaut ne rien faire que mal faire. Il n'a rien fait de mal — Il ne doit rien à personne. Sa responsabilité est dégagée.

La solution qu'il a trouvée lui paraît donc astucieuse. La suite des événements montre qu’elle est, en réalité, stupide. Parce qu'elle repose sur une fausse image du maître, sur un manque de confiance dans la bienveillance du maître, sur une mentalité d'esclave, et non de collaborateur à qui on a fait confiance.

"Tu es un homme dur qui moissonne où il n'a pas semé". Dans sa relation au maître, c'est la méfiance qui règne, et non la confiance ; la grogne, et non la bonne volonté ; la rancune et non l'amour.

Or, voilà qu'en voulant se défendre de son maître, il s'expose à son jugement.

Rien n'est pire, en effet, que de chercher à se défendre de Dieu au lieu de lui faire confiance, en acceptant la confiance que lui nous fait. Rien n'est pire que de vouloir se soustraire au jugement de Dieu, en lui refusant le droit de nous demander des comptes.

Il est bien question de jugement dans cette parabole. Le maître revient et demande à ses serviteurs de lui rendre des comptes. Je sais que c'est là une idée qui déplaît, qui fait peur. On évite d'en parler pour ne pas effrayer. On cherche à l'éliminer de la Bible. Mais je crois que, si nous refusons l'idée de jugement, c'est que nous comprenons mal de quoi il s'agit. Je crains même que cela ne révèle que nous en restons encore peu ou prou à la mentalité défensive, possessive, revendicatrice du troisième serviteur de la parabole.

Essayons de comprendre le sens du jugement tel qu'il apparaît ici. Le maître demande des comptes à ses serviteurs : c'est cela qui les rend vraiment responsables. Responsable veut dire capable de répondre de ses actes, de ses choix. Mais aussi tenu de répondre. Dans nos relations avec les autres, nous cherchons mille excuses pour ne pas avoir à répondre, à rendre compte.

Le jugement signifie encore autre chose : un jour, la vérité apparaîtra. Il faut qu'elle apparaisse, que soit mis fin aux mensonges, aux tromperies, aux faux semblants, aux tricheries qui empoisonnent les rapports humains. Il faut qu'on y voit clair. Un jour, nos camouflages s'évanouiront, la vérité de notre vie sera dévoilée.

Nous pouvons chercher à repousser ce jour, y parvenir longtemps, mais pas toujours.

Nous autres humains, nous sommes de remarquables fabricants d'excuses. Mais nos excuses cachent le plus souvent une fuite devant la responsabilité d'aimer, notre infidélité du service de Dieu et des hommes, notre manque de courage, notre égoïsme qui nous pousse à garder pour nous la grâce qui doit être partagée avec d'autres.

Le malheur, c'est qu'en fuyant le jugement, en esquivant notre responsabilité, nous nous condamnons nous-mêmes, comme le serviteur de la parabole.

Parce que notre attitude révèle que notre relation à Dieu est celle d'un esclave, qui n'aime pas son maître et lui refuse sa confiance. Et c'est cela qui nous juge, plus que nos fautes et nos échecs.

Pour qui fait confiance à Dieu, son jugement n'est pas à craindre.

L'évangile de Jean déclare que Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Celui qui croit en lui n'est pas jugé. Dieu lui fait grâce.

Et celui qui a cru en cette grâce, qui a reçu la bonne nouvelle que Dieu ne le traite pas durement comme un esclave, mais avec amour comme son enfant, celui-là peut alors comprendre que servir Dieu n'est pas un malheur, une privation de liberté, mais la réponse normale de notre amour au sien, la grâce d'être utile, de collaborer à l'œuvre du Dieu Sauveur.

Le fait est que ce qui va perdre le mauvais serviteur est plus sa théologie que son incapacité à bien gérer un Talent.

Ce serviteur ne pouvait croire au don, malgré le geste explicite du maître, il pensait que Dieu était un homme dur, moissonnant où il n'a pas semé..., il avait peur de Dieu, qu'il voyait, à tort, comme un maître exigeant, pouvant punir, et utilisant ses serviteurs pour son propre service, pour faire à sa place ce qu'il aurait dû faire lui-même.

Là est l'erreur grave et fondamentale. En fait, dans sa logique, il ne pouvait croire au don gratuit, restant dans une logique de la dette.

Or cette logique de la dette est catastrophique, autant pour ce qui est de notre relation à Dieu que pour ce qui est de notre relation aux autres.

Elle conduit à la peur, au jugement, à la violence, à la haine et à la mort.

Or le don n'est pas une avance, Dieu ne nous donne pas par avance pour mieux nous coincer et nous rendre redevable à son égard.

Si Dieu nous a donné, c'est pour une raison simple, c'est qu'il nous aime. Dieu a donc ses raisons, et ce n'est pas à nous à donner ensuite raison à Dieu de nous avoir offert.

Il faut croire que Dieu nous a aimé, et qu'il nous a donné. Ce don n'est pas pour nous écraser de devoir, mais pour nous libérer, pour nous donner la joie.

La liberté que donne le Christ est réelle, de même que le don de sa grâce est un vrai don, et totalement gratuit, nous n'avons pas à payer, ni par avance, ni après.

Nous sommes appelés à vivre dans la liberté et dans la joie, motivés non pas par la crainte de dévaloir, mais motivés par la reconnaissance.

La grâce est un moteur, une énergie, une force.

Le Christ ne nous écrase pas de devoirs, mais il nous invite à changer nos cœurs, à nous convertir, à accepter la grâce, et à vivre de la grâce.

Amen

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Dimanche 9 novembre 2008

Texte biblique :
Jean 2, 13-25

Qu’évoque le mot temple à un contemporain ?

Dans un premier temps, il fera probablement penser aux temples gréco-romains ou aux temples d’Égypte, donc au paganisme.

Dans un deuxième temps, il sera peut-être associé au temple de Jérusalem ou plutôt aux temples de Jérusalem, puisqu'il y en a eu deux :  

-       le premier construit sous le règne du roi Salomon, au 10ème siècle, et détruit au début du 6ème siècle par les Babyloniens ;

-       le deuxième érigé à la fin du 6ème siècle, après le retour difficile de la captivité babylonienne, et ensuite élargi et embelli à partir de l’an 20 avant notre ère par le roi Hérode.

C’est ce temple que Jésus a connu, mais il n’a été définitivement achevé qu’après sa mort. Et quelques années plus tard, en l’an 70, il fut détruit par les soldats romains. Aujourd’hui, il n’en reste pratiquement rien, sauf le fameux mur des Lamentations.

Puis, il y a les temples réformés !

Cette appellation est une spécialité notamment française qui, au début, étonne un non réformé, mais à laquelle on finit par s’habituer.

Elle s’explique en partie par l’histoire religieuse mouvementée en France, par le souci des protestants français de se distinguer des catholiques et de leurs églises, même s’il semble qu’aux 16ème et 17ème siècles, le mot temple pût tout aussi bien désigner un sanctuaire catholique. Les protestants faisaient aussi valoir que dans la Bible, temple désigne un sanctuaire, contrairement à église qui désigne non pas un édifice, mais la communauté chrétienne.

Or il est moins connu que l’idée du temple subit des transformations dans le Nouveau Testament.

Revenons un moment sur ce récit de l’évangéliste Jean, « les vendeurs chassés du temple »

«  Les marchands du Temple » !

Histoire que nous connaissons tous.

Histoire que nous visualisons aisément.

Jésus se confectionne un fouet, se fraie un chemin au milieu de la foule bruyante et des étals de marchandages, qui renverse des tables, disperse les animaux et accompagne son intervention d'une parole, toute aussi brutale : " De la maison de mon Père, vous avez fait une caverne de bandits ". ‘Otez cela d’ici, ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic’. (Segond révisé)

‘Enlevez tout cela d’ici ! Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce !’ (NBS)

A Jérusalem.

Dans le Temple.

Pourquoi Jésus intervient-il si violemment alors qu'il prêche par ailleurs la douceur ? Pourquoi lui donne-t-il une pareille publicité alors qu'il accompagne ses miracles d'une grande discrétion ? Quel sens donner à cet acte spectaculaire ?

Il convient d’abord de préciser le contexte.

Dans les Evangiles de Matthieu, Marc et Luc, l'épisode se situe à la fin du ministère de Jésus : ce dernier monte à Jérusalem. Il vient comme Messie pour purifier un culte devenu trop formel. Lorsqu'il est entendu par le sanhédrin, le conseil supérieur juif, il annonce qu'il vient détruire ce que le temple signifie - à savoir la primauté des rites - pour le remplacer par un culte spirituel.

Ici, la scène se déroule au début du ministère de Jésus, lors d'une fête de la Pâque. Jésus entre dans l'enceinte du Temple.

Il y trouve tout ce qui facilite l'exercice de la piété rituelle.

Il y a des marchands de bœufs, de brebis et de colombes, destinés à être vendus aux fidèles pour offrir des sacrifices. Quant aux changeurs, ils procurent aux pèlerins venant de l'étranger les monnaies acceptées par les prêtres chargés de recueillir les offrandes ainsi que l'impôt annuel versé par tout Juif adulte pour l'entretien du Temple.

Ces changeurs étaient d'autant plus nécessaires que les autorités du temple n'acceptaient que des monnaies provenant de la ville de Tyr car les Tyriens évitaient soigneusement de réduire dans leurs pièces la proportion de métaux précieux.

Pareil dispositif est habituel. Pourtant, un jour, Jésus ne l'accepte pas.

Il le renverse au péril de sa vie.

Jésus, en effet, sait qu'il enclenche un processus d'opposition violente avec les autorités juives et qu'il risque d'y laisser la vie. C'est ce qu'il laisse entendre en citant le Psaume 69 : " Le zèle (la passion jalouse) de ta maison me dévorera ".

Les disciples l'ont également compris. Ils lisent au futur que ce zèle de Jésus pour un vrai culte sera sa perte. Ce que Jésus fait là le conduit tout droit à la mort.

D'ailleurs, l'incident du Temple et les paroles qu'il prononce lui seront rappelées, sur la croix.

Qu'est-ce qui peut donc justifier un acte si lourd de conflits à venir ?

Spontanément, deux réponses nous viennent à l'esprit : Jésus veut réaffirmer la sainteté du Temple, souillé par l'argent et les tractations financières et il s'insurge contre une commercialisation de la religion.

Lorsque Jésus chasse les marchands du Temple, ce n'est pas pour purifier le Temple de la présence impure et grossière de bétail ou de vendeurs. Une telle idée est anachronique.

Le Temple de Jérusalem est un ensemble immense et composite, les vendeurs d'animaux se tiennent sous les portiques du parvis du temple, loin du saint des saints où réside la gloire de Dieu.

Une autre explication nous vient alors à l'esprit.

Jésus mettrait en garde les Juifs contre les fausses sécurités des rites. Les Juifs placent leur confiance dans les sacrifices, ils se croient ainsi en règle avec Dieu et en oublient l'essentiel : une foi profonde, spirituelle, qui se traduit dans la recherche permanente de la justice et de l'amour du prochain.

C'est pour ce motif que Jérémie a prononcé ces mêmes paroles. C'est pour ce motif que les prophètes n'ont cessé de dénoncer une foi superficielle et ont exhorté le peuple à une réforme de la foi, une intériorisation de la foi, une mise en pratique de la foi.

Ici, Jésus va plus loin. Il ne vient pas réclamer une nécessaire purification des sacrifices, il vient les supprimer. Il n'entend pas purifier le temple mais annoncer sa caducité.

Avant d'aller à Jérusalem, Jésus avait inauguré, à Cana, un procédé que nous allons retrouver ici. Il avait effectué un acte fort - la transformation d'eau en vin - auquel il avait donné sens par un enseignement.

Ici, il joint à son intervention une parole, qu'il prononce devant les représentants des Juifs, venu l'interroger sur sa légitimité.

" Qui es-tu pour oser contester des rites séculaires et sacrés ? " lui demandent-ils en substance.

" Détruisez ce Temple et, en trois jours, je le rebâtirai " répond Jésus. Je ne fais pas que purifier le temple, je le supprime car le nouveau temple, c'est moi. Je le suis ou plutôt je le serai, une fois ressuscité.

L’idée du temple subit une ici une transformation.

Il n'est donc pas question de réformer le culte mais d'inaugurer une toute autre relation des hommes à Dieu. Il ne s'agit pas de dénoncer un " abus de biens religieux ", mais d'annoncer un changement radical : le Christ est le nouveau Temple de Dieu, en personne.

Au lendemain de la résurrection, lorsque l'Esprit leur fut accordé, les disciples discernèrent enfin le sens de ce geste et de cette parole de Jésus.

Ils avaient partagé l'incompréhension générale jusqu'au moment où, à la lumière du matin de Pâques, ils saisirent le sens de ce signe.

Jésus parlait de sa personne.

Il est cette présence de Dieu au milieu de son peuple, rendant inutiles es sacrifices, conformément à la prophétie de Zacharie : " Il n'y aura plus de marchands dans la maison du Seigneur tout puissant en ce jour-là ".

En Jésus, par Jésus, le croyant rencontre son Dieu.

Jésus est le point de jonction entre Dieu et les hommes.

Aujourd'hui encore, Jésus-Christ est le Temple de Dieu en ce qu'il rend Dieu présent et nous le fait connaître.

Par lui et avec lui, nous pouvons entrer en communion avec Dieu, connaître sa volonté, ses sentiments pour nous, sa puissance.

" Nul ne peut connaître Dieu " écrit Jean dans son prologue, mais " le Fils unique de Dieu nous l'a révélé ".

Ainsi, ce qui fonde notre foi, ce ne sont pas les rites même s'ils participent à toute vie religieuse, ni la vie communautaire même si elle consolide notre foi et la met en pratique, ni l'attachement identitaire à l'histoire et au peuple protestant réformé, ni la densité intellectuelle de telle prédication ou de tel courant théologique.

Ce qui fonde notre foi, ce qui nous permet d'entrer en communion avec Dieu, c'est Jésus-Christ.

Il nous faut donc sans cesse épurer notre vie, épurer notre foi et les recentrer sur Jésus-Christ, en écoutant son enseignement, en reconsidérant nos choix en fonction de lui, en accueillant sa présence dans nos vies.

Jésus est le temple de Dieu.

La porte est ouverte.

Nous sommes conviés.

Il vit devant nous, par sa Parole et par son Esprit

 

Amen !

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Dimanche 20 juillet 2008

Texte biblique :
Romains 8, 26-30

Vous savez sans doute ou bien vous avez déjà entendu dire que la prière est le moteur d'une piété vivante : tant que quelqu'un peut prier (appeler au secours, négocier son cahier de charges), il n'est pas tout à fait perdu...

Mais nous savons aussi que la prière, c'est-à-dire l'expression même de notre relation à Dieu, n'est pas ce qui marche le mieux dans notre vie quotidienne, et nous devons bien donner raison à l'apôtre quand il écrit que  « nous ne savons pas prier comme il faut » (v.26).

Tantôt trop distraits, tantôt trop stressés ou tout simplement paresseux ; et la première à en pâtir, c'est notre vie spirituelle !

Mais, vous l'avez entendu, ce passage du chapitre 8 de l’épître aux Romains sur lequel nous nous arrêtons un moment ce matin nous rapporte un bel encouragement :

« Quand nous ne savons pas prier comme il faut, l'Esprit de Dieu vient en aide à notre faiblesse » (v. 26).

Peut-être avez-vous déjà pu vérifier personnellement cette affirmation : vous étiez fatigués, à plat, mais Dieu s'est rappelé à vous par une image ou une parole qui vous ont touchés.

Cela vous a réveillés ou alors, vous avez vu les choses dans une autre perspective ; bref, Dieu vous a rendus à la vie, à la joie de vivre ou à vos responsabilités, en tout cas à la vie avec lui.

Cela ne veut pas dire que nos prières gagnent tout à coup en perfection ; peut-être ne sont-elles que des phrases très courtes : « Merci, Seigneur, de te savoir près de moi ! » ou « Prends pitié, mon Dieu ! », mais nous aurons la certitude que ce que l'Esprit Saint a ainsi suscité et exprimé, va, à tous les coups, rejoindre le cœur de Dieu et être compris par lui.

Il n'est donc pas surprenant que l'apôtre souligne dans ce contexte : « Nous savons, en effet, que tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu » (v. 28).

Car si, dans sa grande bonté, notre Père céleste vient nous aider quand nous sommes incapables de prier, nous pouvons être sûrs qu'il ne nous abandonnera pas dans toutes les autres situations de la vie et nous pouvons donc lui remettre et nos soucis pour le pain quotidien et ceux qui concernent notre emploi ou l'avenir de nos enfants.

Attention, ce « tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu » ne signifie pas qu'il n'y ait plus de soucis à se faire : certaines difficultés peuvent se présenter. Il faut les affronter. Mais cela n’enlève pas la promesse qui a été faite.

En effet, le meilleur qui puisse nous arriver, c'est « d'être conformes à l'image du Fils de Dieu » et « d'être ajoutés au nombre de ses frères »(v. 29) !

Cette mention de l'image nous renvoie à l'une des premières affirmations de la Bible où il est dit que « l'homme a été créé à l'image de Dieu » et donc appelé à vivre en communion avec lui.

Oui, nous étions, en principe, capables de l'aimer et de nous abandonner à lui, mais en réalité nous constatons tous les jours combien nous avons perdu cette qualité d'origine, au point de ne même plus être « branchés sur sa longueur d'ondes ».

Car désormais pour pouvoir seulement imaginer ce que c'est que d'être « à l'image de Dieu », il nous faut considérer le Christ Jésus en qui se décline une vie faite de confiance en Dieu et d'obéissance à sa Parole.

Jésus-Christ est venu dans le monde, pour nous permettre de retrouver le sens premier de notre existence, savoir la représentation du Créateur au sein de la création !

Malgré les épreuves, les maladies, les difficultés de la vie, les déceptions ; Dieu est là, qui persévère à nous délivrer, pour nous redresser, pour nous permettre de repartir de l’avant.

A ce propos, il est utile de bien lire le « tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu » avec le précieux rajout qui le complète : « ...de ceux qui aiment Dieu et qui sont appelés selon son dessein » ! —

Souvent, nous laissons cela de côté, parce que nous ne savons pas comment comprendre ce « dessein », comme si Dieu avait, dès le commencement, décidé qui de nous héritera la vie éternelle et qui en sera définitivement exclu.

Je reconnais avec vous qu'une telle prédestination peut donner la chair de poule et nous décourager, surtout quand nous nous arrêtons à nos difficultés pour aimer Dieu et le prochain, mais l'apôtre ne parle pas ici de cette prédestination-là !

Il souligne seulement à l'adresse de chacun : si tu peux croire en la miséricorde de Dieu, ce n'est pas ton mérite, mais c'est parce que Dieu t'a fait grâce.

Nous pensons volontiers que la foi est notre affaire : c'est nous qui écoutons l'appel de Dieu et qui décidons de lui répondre ou non...

Et il y a du vrai dans cela : l'homme participe à son salut, puisqu'il choisit entre la vie et la mort et qu'il se met oui ou non à la suite du Christ.

Mais, dans tout cela, il s'agit plus de notre disposition que d'un mérite.

Si nous disons « oui » à l'Evangile, c'est parce que Dieu a tout fait pour que cet Evangile existe et nous parvienne, peu importe si c'est à travers l'Histoire en général ou à travers notre histoire particulière, par nos parents, nos connaissances ou par tel éducateur qui ont été ou qui a été notre évangéliste...

C'est d'ailleurs heureux que notre foi ne dépende pas de nos décisions ou de nos humeurs, car elle serait aussi incertaine et changeante qu'elles ; mais parce que nous pouvons savoir que notre foi a été suscitée par Dieu et qu'elle est fondée sur son amour, elle n'a plus rien à craindre ni des modes ni de quelque courant d'air !

Ce qui compte, c'est que nous nous sachions

« appelés, justifiés et glorifiés ».

Certains peuvent dater leur appel : il précède immédiatement leur repentir et leur engagement à suivre Jésus-Christ sur le chemin de la vie nouvelle.

Certains se savent appelés dès l'aube pour aller travailler dans la vigne du Seigneur, d'autres n'ont reçu leur convocation qu'au soir de leur vie, comme les ouvriers embauchés à différentes heures (Mt 20,1-16).

Pour la grande majorité d'entre nous, cet appel a même dû se répéter, comme pour Simon Pierre, pour qu'enfin nous soyons capables de prendre des responsabilités dans l'Eglise (Jn 20, 15-17).

Alors ne nous inquiétons pas, si nos enfants ou d'autres personnes que nous aimons traînent les pieds pour répondre à leur appel.

Dieu nous offre d'être rendus justes devant lui, à cause de son amour en Jésus-Christ ; alors acceptons ce cadeau et allons à Dieu, tels que nous sommes, et faisons-lui confiance : la croix du Christ nous a ouvert le chemin de son cœur et ... « nous a glorifiés » !

Oui, « glorifiés », car bien que nous cheminions encore sur terre, Dieu nous regarde comme ceux qui ont déjà atteint au but : puisque le « premier de cordée » — Jésus Christ — est arrivé dans sa gloire, il n'y a plus de doutes quant à notre destinée.

Voilà, frères et sœurs, comment « Dieu vient en aide à notre faiblesse »

Si tu peux croire en la miséricorde de Dieu, ce n'est pas ton mérite, mais c'est parce que Dieu t'a fait grâce.

Qu’il nous soit en aide.

Amen.

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 Dimanche 13 juillet 2008

Texte biblique :
Esaïe 55, 6-13

 

L'avez-vous déjà réalisé ? Dieu est surprenant.
Il ne se laisse pas enfermer dans des idées ou dans des définitions, seraient-elles dans la tête ou sur les lèvres de ceux qui croient en lui !
C'est que Dieu colle rarement avec nos images de Dieu. Dieu se cache, à moins que ce ne soit comme un Dieu caché qu'il se fasse connaître…
Oui, notre Dieu est réellement surprenant, c'est sans doute pourquoi les gens ne le trouvent pas facilement : ils ne le cherchent peut-être pas au bon endroit ! Et nous ?…
Les humains pensent que Dieu est au ciel... et si Dieu n’est pas au ciel, ils se rabattent alors sur la terre : assurément Dieu est partout…
Si Dieu n’est pas partout, alors les humains se réfugient dans le concept : certainement Dieu est grand, Dieu est tout-puissant, Dieu est l'Etre.

Quant à nous, nous sommes touchés par le néant de la maladie, le néant de toutes sortes de détresses, nous sommes impuissants devant le monde et tous ses rouages, et même, nous sommes impuissants devant le moindre de nos semblables.
Nous sommes des petits, et ceux qui se croient grands ne sont guère différents des autres.
Si Dieu est tellement grand, et nous si petits, un tel dieu doit être bien dangereux, la distance entre sa majesté et notre petitesse est bien trop grande pour nous.

A moins qu'il ne soit trop près.
Si Dieu est trop près, les humains se noient alors dans la culpabilité !
Dans ce cas-là, Dieu est notre juge, le Dieu grand s'est approché, et tout ce qui nous arrive se révèle alors n'être que la sanction de notre misère. La venue de Dieu est pour le jugement, et voici la condamnation qui arrive. Qui donc serait trouvé pur, blanc comme neige, devant ce Dieu-là ? Si ce Dieu existe, qu'il s'en aille donc loin, oui, qu'il disparaisse de l'horizon de nos vies !

Mais Dieu n'est rien de tout cela. Dieu n'est pas un fantasme de l'ère pré-scientifique. Dieu n'est pas la projection de nos envies ou de nos peurs. Dieu n'est pas la raison de nos réussites ou de nos échecs. On ne peut pas non plus enfermer Dieu dans une doctrine ou théorie scientifique.

Dieu est différent.

Dieu se laisse chercher, Dieu se laisse trouver.
Dieu dévoile la méchanceté, mais pas pour la punir : c'est pour la transformer, pour la réduire !
Dieu n'est pas homme pour se venger, pour avoir besoin de la puissance, pour vouloir la richesse.
Dieu n'est pas homme pour avoir besoin qu'on le serve, qu'on lui rende un culte, qu'on lui sacrifie sa vie.

Dieu est un ami.

- Dieu est un Dieu qui marche, et non un Dieu qui réside.
- Dieu est un Dieu qui donne, et non un Dieu qui attend de recevoir.
- Dieu est un Dieu qui parle, et non un Dieu qui condamne.

Et la marche de Dieu à nos côtés, comme celle d'un ami, éclaire nos pas et nous soutient.
Et la grâce de Dieu pour nous, comme le cadeau d'un ami, n'attend rien en retour que la joie de celui qui reçoit.
Et la parole de Dieu pour nous, comme celle d'un ami, est faite de silence et de présence, de compassion et de discrétion.

Mais la parole de Dieu, si faible soit-elle, comme la parole d'un ami, est une parole agissante, une parole qui transforme, qui relève, une parole qui, d'un mot, peut donner un sens ou changer un cap, comme ça, l'air de rien, juste par amour.
La parole de Dieu, sans fanfare ni décorum, la parole de Dieu change le monde, mais pas au-dessus de nos têtes : c'est dans nos cœurs, c'est dans les circonstances con¬crètes de la vie, que cette parole retentit. Cette parole, elle se livre à nous, dans les pages de cette Bible, dans les échos de ce temple (de cette chapelle).

C'est que Dieu, oui, le Dieu du ciel qui n'est pas dans le ciel, s'est fait proche, proche de nous, d'une proximité qui n'est pas celle de la terre.
Dieu se laisse trouver quand on le cherche, lui, et non pas un autre dieu.
Si c'est la science qui le cherche, elle ne le trouvera pas.
Si c'est la philosophie, elle se convaincra de son inexistence.
Si c'est la soif de mystère ou de magie, la soif de puissance de celui qui en manque ou de celui qui l'exerce, alors beaucoup de dieux se présenteront, mais aucun ne sera le vrai ; il ne se trouvera là que des mensonges, des vanités…
Qu'est-ce qui, en nous, doit chercher Dieu pour le trouver si près, lui, le vrai Dieu ? C'est la repentance, ou la conversion, dites-le comme vous voulez : c'est un seul mot dans la Bible !
Celui qui, en Dieu, cherche sa justice, celui qui, en Dieu, cherche l'ami qui lui parlera, le Père qui le nommera et qui l'appellera, celui-là est heureux : Dieu se laisse trouver, Dieu se révèle pour ce qu'il est, le Père miséricordieux, l'ami fidèle.
Mais à cela il faut bien une distance, la distance pour parler sans assourdir, et néanmoins être entendu. Il faut une distance parce qu'il faut une parole. Sans elle, la repentance ne serait qu'écrasement ; la conversion nouvel esclavage.
Dieu est donc distant et proche, et sa Parole, envoyée vers nous, agit en nous et nous tourne vers lui, comme les tournesols se tournent vers le soleil, et c'est bien ce qui les définit, c'est bien ce qui leur a donné un nom.

Il en est de même pour les chrétiens, puisque la parole envoyée vers nous s'appelle Christ, et que cette parole nous tourne vers le Père, dans le mouvement même de l'Esprit qui est la foi.

Dieu n'est pas en nous, sinon il ne pourrait être Père et nous ne pourrions être engendrés par lui à une vie nouvelle, à une identité nouvelle, d'enfant de Dieu. Et Dieu n'est pas si loin que son amour ne nous parvienne pas.

C'est qu'entre lui et nous, il y a Christ, vrai Dieu et vrai homme. Non pas un autre Dieu que le Père. Non pas d'une autre humanité que la nôtre.

Lieu vivant de la rencontre vivante entre Dieu et l'homme, entre le péché et le pardon, entre la misère et la justice. Vers ce lieu, tous sont appelés, Esaïe déjà le savait sans encore le connaître.

Liée à cet appel qui concerne tous les hommes, il y a une promesse pour ceux qui y répondent, pour ceux qui sont ainsi rencontrés par la Parole de Dieu. Cette promesse, ce n'est pas d'être un héros de la morale ou de la foi, ce n'est pas de devenir bon et pieux, encore que ça ne fasse de mal à personne…

La promesse de Dieu, frères et sœurs, ce sont quatre choses.

Les deux premières sont la joie et la paix.
Elles sont les fruits de la Parole de Dieu en nous. Les fruits de la rencontre, en Jésus-Christ, de Dieu et de cet être humain particulier que je suis. Les fruits de la foi, donc.
La joie et la paix ne se fabriquent pas et ne se perdent pas, elles se supportent mutuellement et permettent aussi de faire face aux moins joyeux des événements, aux plus violents des traumatismes.
De plus, elles sont communicatives !

Et voici la troisième promesse : elles le sont à toute la création. Montagnes et arbres deviendront eux-mêmes joyeux et pacifiés, lorsque nous, nous le serons, lorsque nous, nous le sommes… Ceci n'est pas dit pour souligner notre responsabilité et donc alourdir notre responsabilité, sinon ce serait une étrange joie, une drôle de paix. C'est bel et bien une promesse, un fruit de l'Esprit, là encore.
L'écologie biblique nous dit bien que la nature dépend de nous, mais dans ce sens bien spécial : notre salut la fait éclater de joie !

Enfin, tout culmine avec la quatrième promesse, le quatrième fruit de la rencontre entre Dieu et nous : c'est que nous, nous qui recevons notre nom de Dieu, nous serons pour lui le nom par lequel il sera connu.
C'est donc bien une vraie adoption, et pas seulement un acte de charité. En nous voyant, on ne se dira plus sur Dieu qu'il est ici ou là et comme si ou comme ça. On se dira, le monde et ses habitants se diront : Dieu ? C'est leur Père !

Aussi, frères et sœurs, quand vous parlez, quand vous agissez, quand vous vous tenez quelque part, quand vous respirez !, laissez la Parole de Dieu porter fruit en vous, afin d'être vous-mêmes le témoignage que Dieu se rend dans le monde qui est le nôtre.

Mieux que les étoiles, la raison, la morale ou la puissance, c'est vous qui êtes la "renommée [de Dieu], un signe perpétuel qui ne sera pas retranché".

Amen.

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