Eglise Réformée de Pentemont-Luxembourg
 

Communication: La Lettre de Pentemont-Luxembourg

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Le mot du pasteur


Qui peut célébrer la Sainte-Cène ?

Notre Conseil presbytéral s’est posé la question : la présence d'un pasteur est-elle nécessaire pour célébrer la Sainte Cène ?
En fait, que se passe-t-il quand nous partageons le Repas du Seigneur ? Nous nous souvenons que le pardon que nous avons reçu a coûté la mort d'un innocent ; nous nous réjouissons que cette mort ait fait exploser la mort et annonce notre propre résurrection ; nous rejoignons l'immense communauté des chrétiens à travers les millénaires, les continents et nos infinies différences ; enfin, nous sommes nourris par ce pain et ce vin qui nous remplissent de force, de pardon, de joie et de fraternité.
Il y a plus encore : la présence vivante du Christ lui-même. Il est présent auprès du Père et présent parmi nous, invisible mais vivant, insaisissable mais proche, immatériel mais agissant. Silencieux, mais parlant à notre oreille, notre cœur et notre esprit ; silencieux, mais écoutant nos pauvres mots. Et s'Il est ainsi ressuscité : présent bien qu'invisible, c'est aussi ainsi qu'Il est présent lors de la Sainte-Cène à laquelle Il nous invite ; ainsi qu'Il se présente en personne à notre foi. Présence réelle, mais pas matérielle. Ce n'est évidemment plus son corps de chair qui est présent, mais un corps de gloire, celui qu’Il a annoncé à son dernier repas : « Ceci est mon corps, rompu pour vous ; ceci est mon sang, versé pour vous... ». Et ce qu’Il dit, c’est : Ceci est autre chose que ce qui se voit, ceci est autre chose que les atomes qui le composent, ceci est ma présence parmi vous !

Alors, le pasteur, quel rôle ?
Puisqu'il ne s'agit pas d'un sacrifice à renouveler, il n'y a pas besoin de prêtre. Puisqu'il ne s'agit pas de transformer le pain et le vin en changeant ou complétant leur substance même, il n'y a besoin ni de prêtre, ni de magicien. Qu'est-ce qui est alors nécessaire pour qu'une Sainte-Cène ne soit pas une parodie ou un folklore ?

La foi. Celle de ceux qui sont présents, à qui il est donné de discerner – c'est l'œuvre du Saint-Esprit – la présence du ressuscité à travers le pain et le vin.
La foi, et puis les paroles de Jésus rappelées à chaque communion, qui disent que pain et vin sont signes de cette présence du Christ qui vient s'offrir à ceux qui communient.
Le pasteur n'est donc pas indispensable ? Non : une Sainte-Cène entre chrétiens, sans prêtre ni pasteur, est légitime. Le pasteur est-il inutile ? Non plus ! Il n'est pas indispensable, mais il relie ce qui se passe dans ce moment-là à l'Eglise d'hier et de demain, l'Eglise d’ici et de l'autre bout du monde, l'Eglise de tous les chrétiens, catholiques, orthodoxes, protestants, évangéliques, coptes, arméniens, syriaques... Il garantit cette communion avec l'Eglise universelle, qui devient le nouveau corps du Christ et à laquelle nous appartenons.
C'est pour cela que le pasteur est « ordonné », à plus grand que lui : pour être inscrit, et inscrire la communauté où il sert, dans cette Eglise et cette transmission millénaire des paroles de Jésus.
En pratique :
- une Sainte-Cène peut donc être célébrée sans pasteur ;
- elle peut-être co-célébrée avec plusieurs pasteurs et prêtres ensemble ;
- ou encore co-présidée par un pasteur et un (une) laïc.
Dans ce dernier cas, pasteur plus laïc, trois rôles se conjuguent :
- le pasteur représente l’inscription dans l'Eglise universelle ;
- le laïc représente la foi de la communauté, qui seule permet la réalité de cette présence du Christ ;
- les paroles, l'appel au Saint-Esprit, rompre le pain représentent le moment où le Christ se tient présent et frappe à la porte. Si personne dans l'assemblée n'y répond par la foi, le Christ s'efface, se retire, et la Sainte-Cène n'est plus qu'un rituel, un simulacre de sa présence.
Mais pour tous ceux qui répondent par leur foi, le Christ s'approche, les nourrit, leur offre sa vie, et ils deviennent, émerveillés, les témoins de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ !


Jean-Paul Morley

 

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